Serge BRET-MOREL

L’ASTROLOGIE face à ELLE-MEME

PROLOGUE à une RENOVATION de la CRITIQUE de l’ASTROLOGIE

 

Rationalis

 

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L’astrologie est-elle expérimentable n'importe comment ?

 

 

DOSSIER

L’astrologie est-elle expérimentable ? (10-04-2010)

L’astrologie est-elle expérimentable n’importe comment ?

- Introduction (09-06-2010)

- Réflexions sceptiques et réflexions causales sur les conditions d’observation d’une potentielle causalité astrologique (17-06-2010)

- Expérimentation sceptique et expérimentation causale sur une potentielle causalité astrologique (à venir)

Des expérimentations bien gênantes… (à venir)

 

Introduction

Remarque : la liste complète des arguments traités dans ce dossier se trouve à la fin de l’introduction.

 

Réflexions sceptiques et réflexions causales

sur une potentielle causalité astrologique

 

Même si le bon sens nous suggère que pour tester l’astrologie il suffit de mettre les astrologues à l’épreuve, c'est-à-dire face à certaines de leurs prétentions, nous allons montrer que la chose n’est pas si simple quand par ailleurs, on les traite d’incompétents intellectuels, de superstitieux, etc. Il faut savoir aller au bout de ses opinions… Et puis l’astrologue n’est pas un voyant chez qui l’intériorité reste inaccessible à l’expérimentation par définition. Si l’on met de côté les rares personnes qui utilisent l’astrologie tout en revendiquant un don de voyance, la majorité des astrologues ne sont que des interprètes. En effet, la pratique de l’astrologie ne réclame aucun don en particulier : même quand l’astrologue prétend prédire, il ne fait qu’interpréter à partir de données techniques établies à telle ou telle date (passée, présente ou future), mais il n’apporte pas d’information supplémentaire aux données astrologiques. Les débats entre astrologues portent plus sur les meilleurs paramètres, les meilleures configurations à interpréter, celles à ne pas interpréter, voire les meilleures interprétations à faire à partir des mêmes paramètres. Mais cela reste donc technique. D’ailleurs l’astrologue se plaît à rappeler qu’il tente de « prévoir », non de « prédire », ceci afin de se démarquer de la voyance, mais nous ne rentrerons pas dans ce débat ici.

Comme nous l’avons défini sur la page Astrologica, nous allons considérer qu’avant toute interprétation astrologique il y a un outil technique qui « produit » des configurations astrologiques indépendamment des choix de l’astrologue. Bien qu’il « guide la machine » en décidant quelle ou quelle technique traditionnelle il va utiliser, quel ou quel paramètre il va mettre en avant, il n’empêche que l’astrologue n’interviendra que pour prélever dans le résultat des calculs astronomiques ce dont il a besoin pour l’interprétation.

Ainsi, toute expérimentation digne de ce nom ne peut faire comme si cette étape technique n’existait pas, comme si le système mathématique de l’astrologie ne produisait pas du hasard, donc ne risquait pas de tromper son utilisateur (et donc l’expérimentateur) pour des raisons purement techniques. Question… d’honnêteté intellectuelle (la question logistique n’est pas une excuse). C’est pourquoi nos réflexions portant tantôt sur l’éventualité d’une causalité astrologique, tantôt sur les biais expérimentaux nécessairement produits par l’outil astrologique avant interprétation par l’astrologue, ne feront pas l’impasse sur cette question. Mieux, en lui donnant la place qu’elle mérite, ces réflexions seront naturellement plus complètes, et la critique et l’expérimentation traditionnelles, un peu… ternes. Mais n’est-ce pas là le lot quotidien de la connaissance confrontée au temps ?

 

Ah oui, pour anticiper sur quelques questions que l’on pourrait se poser à propos de ce dossier :

-         Vise-t-il à prouver l’astrologie ? Non.

-         Vise-t-il à montrer que l’astrologie est causale ? Non

-         Vise-t-il à défendre l’astrologie ? Non

-         Vise-t-il à montre que l’astrologie est une science ou qu’elle pourrait le devenir ? Non

-         Vise-t-il à montrer que la critique traditionnelle de l’astrologie ne vaut rien ? Non

-         Vise-t-il à montrer que l’expérimentation traditionnelle sur l’astrologie ne vaut rien ? Non

-         Qu’elle n’a peut-être pas fait le tour de la question ? Oui

-         Quel est l’intérêt de ce travail ? C’est là un acte, un exercice de pensée : il est clair maintenant pour nous qu’il y a encore beaucoup à penser sur le sujet, sans pour autant viser à prouver ou mettre fin définitivement à l’astrologie. A moins que penser ne soit une perte de temps dès que l’on ne peut pas en tirer quelques chose façon fast-food, on trouvera ici matière à réflexion et à prise de recul vis-à-vis des débats traditionnels sur l’astrologie. Voire de quoi les renouveler non dans l’optique de prouver l’astrologie, mais dans celle de rendre possible une autocritique de l’astrologie, c'est-à-dire avec l’inefficacité de la critique traditionnelle.

-         La différence entre notre travail et celui de beaucoup d’autres ? Nous ne nous prenons pas tant au sérieux que les autres : nous n’avons plus une approche orientée du sujet qui viserait soit à prouver l’astrologie soit à y mettre fin. C’est déjà beaucoup…

 

1er présupposé habituel : La pratique de l’astrologie est désacralisée

Force est de constater qu’aucune expérimentation (sceptique ou non), ne se réclame d’un modèle causal à tester, ce qui doit paraître surprenant à celui qui s’interroge sur l’ambition de ces expérimentations, sur les conséquences que l’on peut vraiment en tirer. Peut-être est-ce la force de l’évidence qui permet d’éviter la question ? Puisque l’astrologie ne peut présenter aucune justification physique (comme essaye de le rappeler succinctement l’astrophysicien Nitschelm sur ces pages), il faut bien se retrancher derrière le test des déclarations des astrologues ou de pratiques que certains d’entre eux acceptent de mettre à l’épreuve. Mais l’expérimentation vise-t-elle à tester la possibilité d’un phénomène astrologique ou bien les prétentions des astrologues (sinon de la croyance astrologique en général) ? Pour information, nous avons traité des paradoxes et manquements découlant de l’absence de liens francs entre fondements et pratiques astrologiques sur la page de notre catégorie Rationalis dédiée aux fondements traditionnels de l’astrologie. Contrairement à l’approche un peu 1er degré de l’astrophysicien Nitschelm, les astrophysiciens Zarka et Biraud rappellent d’ailleurs dans leur conférence de 1998 sur l’astrologie, que l’astrologie ne réclame pas vraiment, finalement, de fondements physiques… d’où la difficulté et les risques de la critiquer sur ce plan. Il faudrait donc arrêter de croire qu’en montrant tous les fondements que l’astrologie ne peut pas avoir (mais ne réclame pas non plus…), le sceptique touche en quoi que ce soit un astrologue pour qui la question physique n’intervient pas du tout dans son activité quotidienne. Cette critique-là ne s’attaque pas « à l’astrologie » mais à un modèle astrologique qui n’existe pas encore… on appréciera le paradoxe. Simple déformation professionnelle à notre avis, pour des intellectuels qui en ce début de 21ème siècle ont l’habitude de débattre la question des fondements de telle ou telle discipline avant même de s’y intéresser vraiment de façon pragmatique, seulement parce que dans toute science aujourd’hui, tout est déduit de fondements souvent mathématisés. Mais en conséquence, et comme on l’a déjà écrit par ailleurs sur notre site, il ne faut pas s’étonner de l’inefficacité, et même de la stérilité de bien des critiques qui passent à côté de l’essentiel : la pratique de l’astrologie en tant que composante essentielle de la croyance astrologique. Non pas que les sceptiques se laisseraient convaincre en s’y intéressant, ce n’est pas ce que nous prétendons, mais nous pensons que cela leur permettrait de prendre un peu mieux la mesure de ce qu’ils essayent de critiquer de loin.

 

Présupposé tacite : les astres agissent directement sur les hommes ou n’agissent pas du tout. L’exemple de la page de Nitschelm citée ci-dessus est parlant. L’auteur fait comme si le seul moyen d’expliquer physiquement l’astrologie était une action gravitationnelle des astres agissant directement sur les hommes. Pas besoin de discuter autre chose que cette représentation très… limitée. L’article de la Recherche N°293 de décembre 1996 prenait au moins le temps de discuter de possibilités d’actions indirectes, donc non pas sur l’homme mais sur la Terre (l’homme n’en subissant alors que les répercussions). L’auteur ne discute pas non plus dans sa mise à jour de 1999, des causalités proposées par la scientifique Suzel Fuzeau-Braesch dans son livre Pour l’astrologie, réflexions d’une scientifique paru pourtant en janvier 1999, et qui avait fait tant de bruit. Elles s’écartent pourtant clairement de l’hypothèse aujourd’hui quasi-naïve de l’action gravitationnelle directe. Rendons hommage à la critique sur ce point avec les arguments de la Tour Eiffel et du médecin accoucheur qui ont plus d’impact gravitationnel que n’importe quel astre. On ne saura rien non plus des hypothèses de l’astronome Seymour (Astrology, the evidence of science, 1988 ; The scientific basis of Astrology, 1991)… Un comble, on ne trouvera RIEN sur la seule théorie physique systématisée (ou presque) par une astrologie francophone : le photopériodisme des astrologues conditionalistes présenté et développé depuis les années 70. Il faut bien conclure que la critique de Nitschelm est d’abord, sur le plan physique, une critique de bon sens, avant d’être une critique scientifique. Pire, quand elle s’attaque à l’histoire de l’astrologie ou à ses questions techniques, tout se mélange et apparaissent les limites de la critique. Comme d’habitude, l’auteur rappelle que c’est aux astrologues de prouver scientifiquement l’astrologie, ou bien de proposer des causalités. Mais il leur demande ni plus ni moins qu’une nouvelle théorie physique à découvrir, et d’abord à penser… dans leur coin, à temps perdu probablement puisqu’il n’y a pas de financement pour cela. L’expérimentation sur l’astrologie souffre en général de la même attitude : ce serait aux astrologues de financer ces recherches rationnelles allant contre leurs propres traditions, comme si les scientifiques finançaient de leur poche leurs propres recherches... Puisque d’autres ont démontré que l’astrologie est injustifiable physiquement, pourquoi s’encombrer de la question du modèle causal en allant au-delà de la question gravitationnelle ? Il faut remarquer aussi que la conférence de Zarka et Biraud, bien que se référant à une meilleure bibliographie, ignore elle aussi les références que nous venons de citer. A sa décharge, le livre de Suzel Fuzeau-Braesch n’était pas encore imprimé.

 

Présupposé tacite sur l’expérience et l’expérimentation : l’outil astrologique n’est pas trompeur, l’astrologue ne peut pas s’y noyer. Mais si l’on peut comprendre le mépris pour la partie fondamentale d’une théorie physique de l’astrologie, on comprendra moins ce qui en découle : le fait de n’accorder aucun statut autre que magique à « l’outil astrologique ». Or, si celui-ci est un intermédiaire entre l’astrologue et ce phénomène astrologique inimaginable et si contraire au bon sens et aux acquis contemporains (ce que l’on ne nie pas), en quoi cet « outil d’observation » indirect, pourrait-il déformer ce qu’il est censé permettre « d’observer » ? La question n’est pas si anodine qu’elle pourrait paraître, car qui a essayé un minimum de pratiquer l’astrologie sait à quel point l’usage du système est délicat, au moins de par le nombre de paramètres dont il faut tenir compte : des dizaines qui, en permanence, s’entrecroisent dans les calculs et dans les interprétations astrologiques. Or, si l’on admet assez facilement que n’importe quel humain est dépassé par ce nombre de paramètres à gérer, ce pourquoi l’astrologue ne peut jamais synthétiser intégralement un thème astrologique, alors on comprendra qu’il faut se poser la question de la complexité d’un tel système et des conséquences expérimentales qui doivent en découler dans l’optique de la prauve. Ceci donc, indépendamment d’une tradition astrologique qui refuse à tout prix de produire une théorie de l’erreur. La distinction entre thèmes astrologiques simples et complexes permettrait pourtant d’éviter bien des problèmes que nous allons avoir l’occasion de présenter dans la partie suivante de notre dossier. Retenons que si l’astrologue peut se noyer dans son système, il faut se demander si l’expérimentation ne montre pas d’abord, et avant même la conclusion « échec de l’astrologie », que l’astrologue se noie dans son système d’interprétations. Y a-t-il vraiment une différence ? Oui, si l’on distingue entre le discours des astrologues et la possibilité d’une éventuelle causalité astrologique qui n’a que faire de ce qu’en disent ses praticiens.

On rappelle que l’on a illustré la distinction entre expérience et expérimentation de l’astrologie dans notre article Faut-il rénover la critique de l’astrologie ? Il ne faut donc pas s’étonner que les prétentions de la tradition astrologique soient à considérer a priori comme nécessairement (très ?) supérieures aux effets réels d’un supposé déterminisme astrologique. Et que l’astrologue et son consultant n’entendent pas la même chose que le sceptique par « ça marche »… d’où l’aporie du titre du N°287 spécial critique de l’astrologie de la revue de l’AFIS, paru à l’été 2009. Toute expérimentation digne de ce nom devrait donc être précédée par ce qui pourrait s’apparenter à une forme de proto-théorie de l’erreur un peu élaborée de la pratique de l’astrologie. Ce que nous allons commencer tout au long de ces articles.

 

Présupposé tacite : il n’y a pas de surrationalisation du réel en astrologie, tous les paramètres astrologiques (ou une grande partie) revendiqués par les astrologues ont une influence réelle ou n’en ont pas du tout. Si l’astrologue peut (au moins parfois) être trompé par son complexe système astrologique, alors il est évident qu’il a intégré à quelques paramètres peut-être consistants, des paramètres qui ne le sont pas. Peut-être même la majorité. Dans sa logique de surrationalisation du réel, elle aurait pu extrapoler à un tas de configurations astrologiques imaginaires, la réalité de quelques unes. Dans ce cas, bien sûr que les prétentions de la croyance seraient démesurées par rapport aux supposés effets réels d’une telle causalité. Mais cela a été le cas auparavant pour tous les savoirs-faires devenus sciences, rien de neuf ici. Autrement dit, quelle est la part de surrationalisation du réel dans l’astrologie ? Elle est totale pour le sceptique, nulle ou presque pour l’astrologue, mais il reste que parmi les dizaines de paramètres astrologiques revendiqués, lesquels sont appliqués au quotidien sans aucune méthodologie de test, au hasard des rencontres de consultants, peut-être que seuls quelques uns ont un intérêt qui pourrait se noyer parmi tous les autres. Privilégier des thèmes astrologiques simples à des thèmes complexes et s’interroger a priori sur les « interférences » de tels et tels paramètres astrologiques pourrait permettre de dépasser en partie cette remarque. Nous le ferons un peu plus loin. L’astrologue essaye de faire ressortir quelque chose des cartes astrologiques qu’on lui propose sans présélection causale, l’expérimentation ne teste donc pas un éventuel phénomène astrologique, mais l’expérience de l’astrologue, son savoir-faire astrologique. Or, tous les sceptiques se rejoignent pour dénoncer la grande variété des interprétations et prédictions astrologiques, notamment quotidiennes : comment intégrer cet argument à l’expérimentation ??? En effet, si les astrologues ne sont pas d’accords entre eux, en quoi est-ce bien « l’astrologie » qui est testée, et encore plus un « potentiel phénomène astrologique » mal défini, donc mal observé ? Il y a contradiction à accuser les astrologues de se contredire mutuellement d’un côté, et à proposer de l’autre des expérimentations censées les engager tous. Il faudrait commencer par chercher des critères d’expérimentation un peu plus exigeants visant à prendre en compte la tradition astrologique pour mieux la dépasser, pas seulement à la prendre au mot selon les croyances d’un tel ou d’un autre.

 

Présupposé tacite : tous les individus sont « égaux » devant l’influence astrologique supposée. De la même façon, si tous les paramètres astrologiques ne sont pas recevables, voire même si peu d’entre eux le sont au final, alors pourquoi tous les individus seraient-ils impactés par un déterminisme astrologique ? L’astrologue le postule a priori (sinon il ne pourrait pas recevoir tout le monde en consultation…), et les horoscopes de presse caricaturent même la chose à l’extrême. Mais n’y aurait-il pas possibilité de privilégier les thèmes astrologiques simples où les configurations astrologiques « s’additionneraient », iraient dans le même sens au lieu de s’opposer presque en permanence ? « Convergeraient » dirons-nous plus tard. Ce sont là des précautions qui, d’un point de vue causal, nous paraissent élémentaires, mais qui ne semblent pas avoir effleuré les expérimentateurs… Pas toujours en tout cas. Nous essayerons de dépasser ce problème plus loin dans ce dossier en proposant donc de sélectionner les thèmes de naissance entre simples et complexes ou « convergents » et « divergents ». Si un déterminisme astrologique existait en tant que faible causalité, alors la tradition astrologique n’aurait fait dans sa logique du signe, qu’extrapoler à tout un chacun ce qui ne concerne peut-être que quelques individus particuliers. L’expérimentation ne peut faire l’impasse sur ce genre de problématique sans rester bancale.

 

Présupposé tacite : les astres prédéterminent plus qu’ils n’influencent. Voici un autre exemple de prise de distance avec la tradition astrologique. Si influence astrale il y a sur les hommes (peu importe sa nature), alors pourquoi serait-elle toujours favorable à telle ou telle réalisation personnelle ? Pourquoi ne serait-elle pas totalement impersonnelle (même si elle a été interprétée subjectivement par la tradition astrologique) et ne constituerait-elle pas un véritable frein pour d’autres ? Ceci dit pour remarquer (et regretter) qu’en général on cherche ce en quoi l’astrologie pourrait prédéterminer quelqu’un (dans sa profession, dans sa personnalité, etc) en ligne directe avec ce que prétend la croyance astrologique, mais plus rarement ce que l’astrologie pourrait vraiment « causer » de façon totalement impersonnelle. Ainsi la question peut-elle être posée des conclusions de cette expérimentation sur des joueurs d’échecs (Christophe de Cène) présentée en 1993. Si nous résumons très rapidement cette expérimentation, il a été supposé d’après le symbolisme astrologique, que la conjonction Mercure-Saturne (logique, rigueur, jeu, etc) devait être plus favorable aux joueurs d’échecs que l’opposition de ces mêmes planètes. Les auteurs de l’étude ont donc examiné des centaines de thèmes de naissance des meilleurs joueurs d’échecs du monde (en 1992) et réalisé aussi quelques simulations purement virtuelles pour mettre leurs résultats en perspective. Leur conclusion est simple : les conjonctions sont en nombres bien supérieurs aux oppositions attendues (comprendre : la conjonction serait « donc » plus favorable aux joueurs d’échecs que l’opposition). Toutefois, toutefois, nous avons examiné un peu plus précisément les chiffres de cette expérimentation et on se rend compte que la conclusion n’est pas si évidente. Nous avons récemment mis en ligne cette analyse chiffrée de cette intéressante expérimentation portant sur les naissances des meilleurs joueurs d’échecs. En fait, les conjonctions qui apparaissent sont en nombres proches de ceux prévus par le hasard, alors que les oppositions sont quant à elles, en réel déficit. La « meilleure » conclusion est donc que si l’expérimentation est recevable, alors les oppositions de Mercure et Saturne sont défavorables à la réussite des meilleurs joueurs d’échecs, tandis que la conjonction est absolument sans effet décelable sur eux (il n’y en a pas plus que ce que produit naturellement le hasard). A la rigueur les conjonctions sont-elles « moins défavorable que l’opposition », ce qui permet d’inclure la question de l’absence d’effet.

Et nous pouvons nous demander alors à propos de l’expérimentation sur l’astrologie en général, quand elle n’est pas réduite au test de la prédétermination (où l’on saute donc allègrement la question des multiples déterminismes), quelles sont les AUTRES qualités nécessaires pour devenir un champion d’échecs. Or, la question du temps disponible et consacré à l’entraînement, le nombre d’années passées au plus haut niveau (ancienneté = acquis vs inné), les finances disponibles pour cela, voire la formation intellectuelle, n’interviennent-elles pas aussi directement et indépendamment des influences astrales ? Dans cette optique, une configuration astrologique « favorable » pourrait être un élément favorisant sans toutefois être un élément déterminant (puisque parmi d’autres probablement plus importants). La configuration astrologique « défavorable » par contre, n’a pas forcément le même statut. Car si elle est sclérosante, elle l’est systématiquement, un peu de la même façon que pour des joueurs de basket de plus de 2m et de moins d’1m60 : si les premiers auront quelques chances d’intégrer l’équipe nationale, les seconds n’en ont pas seulement moins, ils n’en ont quasiment aucune dès le départ. De même, obtenir le prix Nobel avec un QI de +40 ou de -40 par rapport à la moyenne… Autant un déterminisme faiblement favorisant ne peut s’exprimer vraiment que quand d’autres déterminismes ne s’y opposent pas, quand ils n’interfèrent pas avec lui, autant certains déterminismes défavorables s’exprimeront toujours. C’est pourquoi nous pouvons nous demander si de supposés facteurs astrologiques inhibants ne seraient pas plus aisés à mettre en évidence que les facteurs supposés favorisants. Ne chercher que les derniers ce serait rester dans la logique du test de la prédétermination astrologique traditionnelle (« d’après son thème de naissance, votre bébé sera doué pour les sciences » (!)).

Il est légitime ici, de se poser la question suivante : pourquoi l’astrologie ne cherche-t-elle pas spontanément dans cette direction inverse que constituent les potentielles influences négatives ? Peut-être tout simplement pour des raisons éthiques, voire métaphysiques, découlant de la pratique astrologique (non désacralisée donc, en vue de l’expérimentation) : si le libre arbitre doit être sauvegardé, et si l’astrologie refuse de revenir au fatum antique, alors pour l’utilisateur du système astrologique il faut avant tout chercher du côté de ce que l’astrologie peut apporter de positif au consultant. Et ne jamais présenter (ni concevoir) les choses comme écrites d’avance à l’encre indélébile, ce qui est plus intelligent et moins nocif pour le consultant. Mais comme une approche causale de la question doit être impersonnelle, elle ne doit pas non plus, être limitée par ce genre de questionnement éthique, voire déontologique, qui frôle le tabou et relève d’abord de la question de la pratique, et non de celle de la preuve. Le but est ici de tester, non de proposer une consultation : le sujet de l’expérimentation n’est pas là pour que l’on réponde à ses questionnements, le problème se pose donc différemment.

Encore une fois, une approche causale de l’astrologie, et encore plus une approche expérimentale, ne doit pas hésiter à se démarquer de la tradition astrologique, tout en ne proposant pas n’importe quoi. La mise en évidence des conceptions communes de l’astrologue (conjonction = aspect le plus fort, soleil en signe = pilier du thème, etc) pour mieux s’en démarquer, est nécessaire. C’est pourquoi il est tout à fait acceptable, même d’un point de vue astrologique, de se demander s’il n’existerait pas des configurations astrologiques suffisamment néfastes pour avoir des conséquences mesurables. N’oublions pas que l’une des implications de l’absence de fondements causals pour l’astrologie est que c’est toujours l’astrologue qui fixe les limites de l’astrologie, et plusieurs courants peuvent en proposer des différentes. Certains considéreront cela comme une preuve de richesse, d’autres comme une preuve d’irrationalité, selon les attentes. C’est d’ailleurs le principe du savoir-faire : chacun argumente selon son expérience, sa logique, ses convictions et ses croyances, sans possibilité réelle de trancher de façon impersonnelle. Mais on connaît les limites pratiques et théoriques de ces façons de procéder. L’état anarchique de la communauté astrologique en est même l’illustration parfaite : de nombreux courants souvent incompatibles, des écoles en général indépendantes, voire sans contacts les unes avec les autres, des pratiques localisées, une absence de discussion de fonds partagée par tous amenant souvent à un gouffre entre les conceptions des (rares) théoriciens et celles des praticiens, une absence de recherche vraiment approfondie faute de moyens financiers et de problématiques accessibles à tout un chacun, et bien sûr l’absence totale d’une organisation professionnelle des astrologues (enseignement et code déontologique généralisé), en somme une grande absence de consensus. Comment s’étonner donc que la question expérimentale de l’astrologie soit encore inexistante ou presque dans la communauté astrologique ? Et donc qu’il est possible non seulement d’innover, mais de penser la chose différemment ?

 

Présupposé tacite : aucun modèle causal préalable n’est nécessaire pour tester la possibilité d’un potentiel phénomène astrologique. C’est bien ce qu’il faut conclure des remarques que nous venons de faire depuis le début de cet article : l’expérimentateur ne se pose pas vraiment la question de l’incidence sur « l’observation » d’un potentiel phénomène astrologique, d’une tradition astrologique privilégiant le symbole au mécanisme. D’un point de vue scientifique, c’est tout de même pour le moins dramatique. On ne devrait pas confondre de façon aussi flagrante le test des prétentions de la croyance astrologique et celui de l’existence d’un potentiel phénomène astrologique. A travers le test des croyances de quelques personnes, ne teste-t-on pas indirectement, sans le dire, sans le savoir, la pertinence de l’outil astrologique dans l’optique de l’accès à un phénomène encore non conçu, non formalisé ? D’où l’importance de considérer le système astrologique comme un intermédiaire entre l’astrologue et le potentiel phénomène à étudier, une forme d’instrument artisanal d’observation. Or, cet « outil d’observation » potentiel, a été utilisé et formalisé par des individus pour lesquels on rejette toute compétence scientifique ou méthodologique, il faut donc envisager la question des déformations naturelles et encore non théorisées de « l’outil astrologique ». L’expérimentation sur l’astrologie doit donc dans une certaine mesure, se faire contre la tradition astrologique (sans toutefois la renier en intégralité, sinon il y a non sens), c’est là presque une banalité en philosophie des sciences… banalité qui n’est pourtant pas encore vraiment intégrée dans des expérimentations qui ne théorisent pas ce qu’elles prétendent tester. L’expérimentation doit s’abstraire des évidences de l’habitude ? Alors si l’outil astrologique est bien empli de biais techniques, « l’expérience » de l’astrologue se construit nécessairement avec des erreurs sans jamais pouvoir les dépasser (comme des vers invisibles dans une pomme).

L’expérimentation au contraire, devra s’appuyer sur un recensement desdits biais pour éviter les erreurs sous-jacentes à l’expérience. Or, pour l’instant cette recension n’existe pas. Les biais de validation subjective proposés par les zététiques par exemple, sont applicables au paranormal en général, mais il n’y a pas encore cette spécificité astrologique qui réclame une certaine familiarité avec l’outil d’interprétation qui la caractérise : quelle place pour les biais techniques dans les résultats négatifs ??? D’où la nouveauté et l’intérêt de ce site internet, je l’espère. Nous avons déjà développé ces notions dans la 2ème partie de notre article « Faut-il rénover la critique de l’astrologie ? ».

Nous allons donc pouvoir maintenant nous interroger sur quelques questionnements causaux élémentaires qui pour nous, devraient être posés avant même de se lancer dans des expérimentations dont le caractère scientifique n’est manifestement pas équivalent à son caractère causal. Considération épistémologique quand tu nous tiens…

 

Le déterminisme astrologique supposé est un méta déterminisme

Présupposé tacite : le potentiel déterminisme astrologique n’est pas un déterminisme parmi d’autres, il ne peut pas être inhibé ou favorisé par l’environnement de l’individu. En effet, dans la lignée du fatalisme astral, on a le sentiment que l’astrologie est toujours testée comme elle est présentée par les pires des astrologues : prédéterminante et fortement explicative (l’interprétation a posteriori réussit toujours…). Jamais il n’est question d’envisager de déterminer des échantillons de population ou de sujets d’expérimentation qui pourraient permettre d’éviter que le déterminisme astrologique, s’il existe, ne soit noyé au sein d’autres contraintes de l’environnement de vie de l’individu. Autrement dit, et répétons-nous, l’astrologie n’est pas prise au sérieux : on ne teste pas vraiment un potentiel déterminisme astrologique, seulement les prétentions d’une superstition non digne d’intérêt. La chose peut peut-être se défendre, mais alors que l’on revoie certaines ambitions expérimentales sceptiques à la baisse en conséquence…

Parmi les problématiques qui devraient se poser ici, certaines contraintes d’origine purement astrologique aujourd’hui non applicables pour raisons matérielles. Par exemple la question de la comparaison des thèmes de naissance des sujets avec ceux de leurs ascendants proches et/ou éducateurs (hors synastries). Si déterminisme astrologique il y a, qu’est-ce qui peut s’opposer à son expression plus ou moins naturelle dans le contexte familial (si les proches « ont des thèmes opposés » ou non).

Mais d’autres contraintes environnementales ne sont peut-être pas si difficiles à prendre en compte. Il serait intéressant par exemple de ne pas tester systématiquement des étudiants de première année de fac, lesquels pour la plupart, ne sont pas encore entrés dans la vie, donc ne sont pas autonomes et n’ont pas été confrontés vraiment à ses réalités (biais du stade d’élaboration de la personnalité comme l’évoquait Puech dans le cadre de l’expérimentation sur les jumeaux). On ne sait pas non plus s’ils vont changer ou non de cursus, on ne distingue pas entre les origines sociales, voire ethniques, on ne distingue pas en général non plus entre les formations intellectuelles alors que ces étudiants de 1ère année viennent pour la plupart de passer un BAC plutôt général. Alors aussi qu’ils peuvent être dans des filières aussi opposées que scientifique et artistique… Des tests sur des sujets déjà entrés dans la vie active ou arrivés au bout de leurs études, ou dans le cadre de longs cursus à l’université au moins en Master, permettraient peut-être de tester l’astrologie chez des personnes aux cursus intellectuels plus marqués (cursus multiples à éliminer). Mais pour tenter de prendre en compte par exemple l’influence de la formation intellectuelle, il serait possible aussi de réaliser les expérimentations parmi des équipes de divers professions dont les sujets présentent le même cursus (scientifique ou non, universitaire ou non). Une sélection à envisager…

De même, pour la question de l’isolement de déterminismes plus sociaux, des sujets soumis à isolement (internés médicaux ou psychiatriques dont on relève quotidiennement les variations d’humeur et de comportement, détenus, voire SDF ou chômeurs de très longue durée, certaines personnes âgées, etc) pourraient être des populations intéressantes dans l’optique qui nous intéresse. Pour la question d’effets purement physiologiques et pas seulement psychologiques, les personnes dans le coma pourraient constituer une autre population d’intérêt.

Quant à la question de l’influence de l’éducation, les expérimentations surprenantes de la biologiste Suzel Fuzeau-Braesch effectuées sur des populations de chiots par exemple, étaient motivées par de telles considérations : si causalité astrologique il y a, il n’y a a priori, aucune raison autre que métaphysique pour qu’elle s’arrête à l’homme. Mieux, tester sur les animaux (avant qu’ils soient séparés de leur mère pour les chiots d’éleveurs, afin d’éviter l’influence du maître) c’était s’affranchir au moins des déterminismes découlant du dressage. Il n’était pas question pour elle de « faire l’astrologie des chiens » ! De même, ses expérimentations sur les vaches clonées tentaient de poser la question d’une possible causalité astrologique innée hors variations du matériel génétique.

Plus généralement, tant que les populations étudiées ne seront pas triées selon un modèle astrologique causal qui reste encore à établir (d’où le paradoxe), on ne pourra tester que les prétentions des astrologues se prêtant aux expérimentations, donc leurs savoirs-faires et… leur imagination. Rien ne permettra de penser que l’on teste vraiment « l’astrologie » ou en tout cas la possibilité d’une causalité astrologique.

 

Présupposé tacite : le potentiel déterminisme astrologique est fort et simple. En effet, comme on vient de le voir, ce déterminisme, s’il existe, devrait pour être mesuré, s’appliquer au-delà de tous les autres si l’on va dans le sens des prétentions de l’astrologie populaire au moins (et vue comment donc, elle est testée). Pas besoin de se demander quand il est peut-être inhibé ou favorisé, l’expérimentation s’attaque un peu à la chose avec la fleur au fusil… Pour être mis en évidence, le déterminisme astrologique ne doit donc pas être un déterminisme plus faible qui ne s’exprimerait (comme les autres !) que de temps en temps, c'est-à-dire quand les conditions le permettent. On remarquera que nous sommes donc très loin ici d’une certaine tradition astrologique, notamment horoscopique, s’accordant une certaine toute puissance… Pire, toutes les expérimentations sur l’astrologie prétendant aboutir à des résultats positifs revendiquent des écarts au hasard très faibles même si significatifs. Pourquoi donc continuer à faire comme si ce n’était pas le cas, comme si l’astrologie était soit fatale soit pure invention de l’esprit ? Quand va-t-on commencer à se poser la question sérieusement ???

Mais un autre présupposé tacite de ces expérimentations est que l’on suppose aussi qu’il y aurait « un » déterminisme astrologique, « une » causalité astrologique… car en effet, qui s’est posé vraiment la question (en dehors de quelques astrologues) de ce que pourraient produire PLUSIEURS déterminismes astrologiques nécessairement contradictoires parce que causalement impersonnels ? Qui s’est demandé aussi comment une tradition astrologique fortement symbolique aurait pu échouer à les isoler vraiment ? Les astrologues sont pourtant les premiers à tenter des synthèses entre configurations astrologiques nombreuses et opposées. Mais tout cela reste au niveau symbolique, voire psychologique (pour ce qui est de l’interprétation). D’un point de vue causal il est pourtant possible d’approcher les choses différemment. En effet, vu le nombre d’astres et de points fictifs en jeu (et sans parler même des confusions naissant de la superposition permanente des signes et des maisons astrologiques…), pourquoi les effets attribués à chacun d’entre eux ne seraient-ils pas tout simplement indépendants et donc multiples et même contradictoires ?

 

Présupposé tacite : les potentiels déterminismes astrologiques ne sont pas en concurrence les uns avec les autres. Causalement, il faudrait même parler de concurrence des potentiels déterminismes astrologiques. Concurrence qui pourrait, et même devrait, amener à des biais pratiques, donc… expérimentaux (on y reviendra dans l’article suivant). Le lecteur comprendra mieux peut-être, pourquoi on écrivait plus haut que l’expérimentation montre peut-être d’abord que l’astrologue peut se noyer dans son système en succombant en somme « au tout astrologique » (quand l’astrologie permet de faire des interprétations sur un peu tout et tout le monde sans la moindre contrainte)… On comprendra aussi pourquoi on envisageait la question des biais posés par les thèmes astrologiques simples et complexes. Car si le supposé déterminisme astrologique peut être inhibé ou favorisé par d’autres déterminismes, pourquoi ne faudrait-il pas ajouter à cela les interférences entre eux, causées par les déterminismes astrologiques eux-mêmes ? N’est-ce pas là une autre problématique véritablement causale ? On se demande encore une fois si l’approche sceptique de l’astrologie n’est pas une approche causale non assumée ! Nous avions déjà posé la question d’ailleurs, dans la 2ème partie de notre dossier sur le déclassement de Pluton. La question des déterminismes astrologiques qui se font concurrence sera au cœur de l’article suivant, nous discuterons en effet du choix des thèmes astrologiques à tester dans l’optique d’une expérimentation à vocation réellement causale. Comment dépasser techniquement les nouvelles contraintes qui naissent d’une conception complexe de l’astrologie ? Comment ne plus être victime des tromperies provoquées par le système astrologique lui-même ? Les expérimentations sceptiques de référence échappent-elles aux considérations que nous venons de développer ? Etc…

 

Présupposé tacite : un éventuel phénomène astrologique prédétermine, il n’est pas impersonnel. Si effectivement les expérimentateurs ne tiennent pas compte de ces contraintes causales dont nous parlons depuis quelques paragraphes, il faut alors se demander si l’on teste bien un ou des déterminismes potentiels de nature causale… Or, tester par exemple le nombre de médecins ou de présidents de la république qui ont telle ou telle configuration astrologique dans leur thème de naissance, n’est-ce pas le test d’une prédétermination mettant de côté tous les aléas de la vie (choix, rencontres, etc) faisant que l’on va se diriger vers telle ou telle voie plutôt qu’une autre ? Faisant aussi que malgré une vocation ressentie on ne pourra pas se réaliser dans cette voie parce que les déterminismes sociaux sont bien plus importants que tout déterminisme astrologique ? etc ? Tester par contre le taux de présence de telle ou telle configuration astrologique dans les thèmes de naissance d’une population d’étudiants suivis tout au long de leur cursus universitaire ou même après la sortie du monde étudiant, permettrait de mesurer concrètement si elle a au moins, le moindre impact dans l’avancée des études (même si cela pose d’autres problèmes). Elle permettrait aussi de tenir compte du fait que les effectifs d’une population donnée d’étudiants ne sont pas toujours représentatifs de la population générale (voir le livre de Gunter Sachs pour cela1). En première année d’université, il y a des écarts de répartition des paramètres astrologiques d’une filière à l’autre, ce qui « montre » une incidence astrologique pour certains, ce qui ne montre rien si d’une année sur l’autre les écarts se réajustent. Mais c’est là encore une supposition (de bon sens certes, mais bon…). Observer l’évolution de la présence de telle ou configuration astrologique le long du cursus universitaire, et en tenant compte aussi de la disponibilité de l’étudiant (travaille-t-il pour financer ses études ?), pourrait permettre une toute autre approche de certains tests expérimentaux sur l’astrologie. Tester une possible influence et tester une possible prédétermination astrologique ne relèvent pas tout à fait des mêmes problématiques : « l’étudiant réussit-il mieux ses études avec telle ou telle configuration astrologique ? » diffère d’un « pourquoi tel étudiant choisit-il telle ou telle filière cette année-là ? ». La question des potentiels déterminismes astrologiques inhibants ou favorisants qui ne sont peut-être pas aussi aisés à déceler se repose d’ailleurs ici…

 

Expérimentation sceptique et expérimentation causale

sur une potentielle causalité astrologique

(à venir)

 

Serge BRET-MOREL
Mis en ligne le 17 juin 2010

1. Le dossier Astrologie, G. Sachs, Lafon, 2000.