![]() Serge BRET-MOREL |
L’ASTROLOGIE face à ELLE-MEME PROLOGUE à une RENOVATION de la CRITIQUE de l’ASTROLOGIE
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KEPLER ET LES DECOUVERTES à LA LUNETTE DE galilée (1610-1611) Ce dossier a été
réalisé à partir d’un mémoire de module de
Introduction Kepler (1571-1630) et Galilée (1564-1642) sont deux grands noms qui ressortent du début du 17ème siècle dans l’histoire de l’astronomie. Ils sont contemporains et se connaissent, ils vont marquer tous deux l’histoire des sciences, et pourtant n’auront à peu prêt aucune relation ! En 1610, Galilée publie Le Messager Céleste, le premier compte-rendu d’observations astronomiques effectuées à partir d’une lunette grossissant suffisamment pour que les nouveaux phénomènes observés lancent le futur bouleversement que l’on connaît. A ce moment-là Kepler est astronome impérial auprès de l’empereur Ferdinand II depuis qu’il a pris la succession de Tycho Brahe fin 1601. Il vient tout juste de publier son Astronomia Nova, mais cet ouvrage très difficile d’accès même pour les astronomes d’alors, n’a pas encore eu le retentissement qu’il aura plus tard. Galilée en a reçu un exemplaire. Ces deux savants sont si différents dans leurs visions du monde, et le petit livre de Galilée si révolutionnaire, qu’il m’avait paru intéressant dans le cadre d’un module d’Histoire de la Physique, puisque je rédigeais alors mon mémoire sur Kepler, de considérer ses réactions au Messager Céleste. De plus, Kepler est alors astronome professionnel, opticien confirmé depuis son traité publié en 1604, et « accoutumé » des hypothèses révolutionnaires dans ces domaines… D’où l’intérêt supplémentaire de ses commentaires sur le contenu du Messager Céleste. Galilée ne s’y est pas trompé, puisqu’il fera publier les lettres de Kepler. Chronologie des publications Nous allons donc traiter ici du contenu de quelques courtes publications de Kepler et de Galilée dont les rédactions se sont faites en l’espace d’une année seulement (à peu près de fin 1609 à fin 1610). On trouvera dans la Bibliographie ci-dessous quelques traductions et commentaires auxquelles se rapporter. Galilée publie en mars 1610 le Messager Céleste (Sidereus Nuncius) Dans les semaines qui suivent Kepler rédige un commentaire de ce texte, la Discussion avec le Messager Céleste (Dissertatio cum Nuncio Sidereo, avril 1610). Elle sera publiée dès le mois de mai1. Il est important de préciser que ce premier texte est une véritable dissertation sur le petit livre de Galilée, puisque Kepler n’a pas encore eu l’occasion de vérifier par lui-même les observations qui y sont décrites. En effet, Galilée n’a pas jugé bon de lui faire parvenir ni son Messager Céleste, ni même une lunette… La Dissertatio est rédigée un peu en urgence, à la demande de l’un des ambassadeurs de Toscane, ainsi que pour prévenir le grondement des oppositions à Galilée qui commencent à se faire entendre du dehors de la communauté scientifique (laquelle restera longtemps silencieuse). Ce n’est qu’entre fin août et mi-septembre 1610 que Kepler rédige son court Rapport sur l’observation des satellites de Jupiter (7 pages) ayant enfin réussi à emprunter une lunette pour les observations (!). Notons ici que « satellite » est un néologisme de Kepler, Galilée parlait auparavant de planètes, voir de lunes. Cette Narratio est donc le complément pratique de la théorique Dissertatio. Parallèlement à cela, Kepler rédigera son Dioptrique (bien que ses dédicace et préface soient datées de 1611), un petit traité d’optique reprenant l’essentiel du lourd traité d’optique de 1604 permettant de faire la théorie de la lunette astronomique, chose que n’avait pas réussi à faire Galilée. Un an après la publication du Messager Céleste, les astronomes du Vatican reconnaîtront la validité des observations consignées dans le petit livre2, ouvrant la porte à la remise en question des certitudes aristotéliciennes. Galilée sera d’abord attaqué astrologiquement (que faire de ces « planètes » inutilisables en astrologie parce que trop près de Jupiter ?) et techniquement (magie naturelle de la lunette…). Ce n’est que quelques années plus tard que l’argument religieux prendra de l’importance et mènera à la censure de 1616 obligeant Galilée non à abjurer l’héliocentrisme (comme ce sera le cas en 1633), mais à le présenter comme simple hypothèse.
Bibliographie Les 2 ouvrages auxquels je vais me
référer principalement sont ceux d’Isabelle Pantin : Les autres sont quasiment tous disponibles à la bibliothèque Science et Société de Jussieu (Paris) :
Sur les travaux optiques de Kepler on pourra consulter aussi en langue française :
Serge Bret-Morel
Notes (la bibliographie détaillée se trouve ci-dessus) 1. Pantin, Discussion avec le Messager Céleste pXIII 2. Pantin, Ibid pXCVIII |