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L’ASTROLOGIE face à ELLE-MEME PROLOGUE à une RENOVATION de la CRITIQUE de l’ASTROLOGIE
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La notion de planète au fil de l’Histoire (3ème partie : Le XXème siècle et le tout début du XXIème siècle)
Qu’est-ce qu’une planète ? Nous avons vu évoluer la définition au cours du temps suite à l'intégration de nouveaux corps dans le Cosmos incorruptible des anciens. Il y a maintenant trois ans que Pluton a été déclassée au rang de planète naine, mais il ne faut pas croire que l’événement de 2006 est si exceptionnel qu’on ne le pense. Après un retour sur les origines de l’astronomie jusqu’à Tycho Brahé (voir la 1ère partie de ce dossier), puis un survol des temps modernes de Kepler à la fin du 19ème siècle (voir la 2ème partie), attaquons-nous maintenant au siècle dernier…
Sommaire de cette 3ème partie Le XXème siècle, découvertes et redécouvertes contemporaines grâce à l’exploration spatiale Les débuts du XXIème siècle (des planétoïdes et des exoplanètes en surnombre)
Le XXème siècle, découvertes et redécouvertes contemporaines grâce à l’exploration spatiale En 1930 cette fois, Tombaugh (employé non diplômé de l’observatoire construit et financé par le riche homme d’affaires Lowell) découvre notre chère Pluton par le biais de nouvelles observations. Il n’entrera comme étudiant à l’université que 2 ans plus tard (et obtiendra son doctorat 7 ans après)… Son inspirateur, Percival Lowell (astronome amateur militant pour l’existence des canaux sur mars, décédé en 1916, et dont la famille avait fait fortune dans le textile) se trompait en pensant qu’une imposante planète X perturbait les trajectoires de Neptune et d’Uranus8. Il en avait même abandonné l’idée avant sa mort, mais ce fut la motivation première qui mena à la découverte. Sur des photographies d’une même région du ciel prises à quelques jours d’intervalle, des corps en mouvement (proches de nous proportionnellement aux distances des étoiles) peuvent révéler leur présence en apparaissant, en disparaissant, ou en se déplaçant sur le fond des étoiles fixes. Une nouvelle planète invisible intégrait donc la ronde des corps gravitant autour du Soleil. Elle posait toutefois problème en ne présentant pas, dès cette époque, de disque apparent. Ses dimensions sont d’ailleurs longtemps restées mystérieuses. Ainsi, un atlas d’astronomie (Perrin, 1989, même si repris d’une édition de 1976) donne encore à Pluton une taille proche de celle de Mars. Mais le 22 juin 1978 Christy découvre Charon, le compagnon de Pluton. Sa luminosité ne provient donc pas d’un seul corps de grande surface, mais de la conjonction permanente de deux plus petits corps. D’où des estimations revues et corrigées à la baisse. Pluton perd tout à coup sa taille de planète tellurique : avec 6.000 km de diamètre elle était plus volumineuse que Mercure (4.880 km, la plus petite des planètes). Avec 2.300 km, son diamètre n’en vaut même plus la moitié, et à peine 2,5 fois celui de Cérès (950 km). Elle commence à rendre aussi moins évidente la distinction traditionnelle entre astéroïdes et planètes par le critère de la taille. Mais, chose inimaginable pendant si longtemps, la seconde moitié du XXème siècle voit aussi les progrès de la technologie spatiale permettre à l’Homme d’aller observer in situ les astres du système solaire ! Ainsi diverses sondes vont-elles survoler Vénus et Mars dès les années 60, puis s’y poser (ou s’y écraser…) dans les années 70 pendant que Jupiter est effleurée. L’Homme pose même le pied sur la Lune en 1969, Saturne est visitée à la fin des années 70, Voyager 2 frôle Uranus en 1986, puis Neptune en 1989. Les 1ères études poussées du sol martien ne commenceront vraiment qu’à partir de la fin des années 90, tout comme l’étude de Jupiter et Saturne rejointes par plusieurs sondes depuis une dizaine d’années. Mais pas question de s’y poser, il n’y a pas de surface « autour » de ces planètes géantes, mais gazeuses… Seuls leurs satellites présentent de telles caractéristiques telluriques. Or, l’intérêt que suscite cette exploration spatiale pour notre dossier est le suivant : à chaque fois, l’astre survolé est littéralement « redécouvert » ! La somme d’informations recueillie est en effet toujours si supérieure à ce que l’on a pu acquérir depuis la Terre que c’est presque une nouvelle planète qui, à chaque fois, se révèle à l’Homme. On se rappelle des magnifiques images d’Uranus ou Neptune par Voyager, et plus récemment de celles de Mars par les robots Spirit et Opportunity… Combien (comme moi…) attendent avec impatience les premières images de pluton et charon pour 2015 lorsque la sonde New Horizons les rejoindra !!??
Mais voilà que fin 1995 Michel Mayor et Didier Queloz (observatoire de Genève) annoncent la découverte de la 1ère planète extrasolaire (qui gravite donc autour d’une autre étoile que notre Soleil). Ceci bien que depuis longtemps les publications scientifiques « démontraient » par les probabilités que notre système solaire devait être une singularité telle, qu’il était hautement improbable qu’il y ait d’autres planètes dans notre galaxie, et même dans tout l’Univers... En fait, la problématique des planètes extrasolaires était bien souvent amalgamée à celle des OVNIs, et plus largement à la question de l’existence d’êtres extraterrestres qui pourraient nous rendre visite. D’où la question « quelles chances y a-t-il pour qu’existent d’autres civilisations ? » : l’exobiologie n’avait pas encore acquis ses lettres de noblesse. Or la question de la vie ailleurs dans l’univers (exobiologie) n’est pas celle de l’existence d’extra-terrestres, ni celle de la réalité du phénomène OVNI (ufologie), ou encore celle de la recherche de planètes autour d’autres étoiles (pure astronomie pour l’instant). Distinctions plus claires de nos jours. La notion de planète, en tout cas, prenait enfin la dimension que chacun lui souhaitait : quelque chose de non limité à nos planètes traditionnelles, donc indépendant de notre Soleil. Cette 1ère planète extrasolaire se situait en effet à 40 années lumières du soleil, soit 64.000 fois plus loin que Pluton ! De plus, c’est la première planète dont la découverte a été officialisée sans qu’elle ait pu être observée directement. Si les « premières » planètes étaient visibles à l’œil nu (Antiquité), si Uranus était invisible à l’œil nu mais fut découverte au télescope, si la position de Neptune fut obtenue par le calcul et seulement validée au télescope, si Pluton fut découverte par photographie, nous ne disposions encore d’aucune image de cette 1ère exoplanète... Son étoile avait été choisie parce qu’elle est quasi-jumelle de notre soleil, et ce n’est qu’indirectement, par ses variations de luminosité ou de vitesse radiale que l’on démontra son existence.
Les débuts du XXIème siècle (des planétoïdes et des exoplanètes en surnombre) Au début des années 90, après 5 ans d’observations sans subvention, et pour certaines dans le plus grand secret et presque dans l’illégalité, les astronomes Jewitt et Luu, persuadés qu’il y avait des corps à découvrir au-delà de Pluton, trouvèrent en effet le premier membre connu de la ceinture de Kuiper (1992 QB1). Personne n’y croyait, ce fut une telle surprise que d’autres astronomes reprirent le flambeau avec un télescope 2 fois plus grand. Les observations systématiques se faisant maintenant par ordinateur, les découvertes s’enchaînent alors, on parle d’un objet découvert toutes les 20 minutes pendant certaines périodes ! Déjà l’histoire de Cérès se reproduit (voire la 2ème partie de notre dossier) et on songe rapidement à déclasser Pluton.
En 2007, on comptait des centaines de milliers d’astéroïdes, plus de 250 exoplanètes, et près de 150 corps plutoniens. A la suite des nombreuses découvertes des années 90 dans la ceinture de Kuiper, une autre équipe d’astronomes dirigée cette fois par Mike Brown, met tout en œuvre pour découvrir enfin, la 10ème planète, celle qui se trouverait au-delà de Pluton. Elle se donne comme tâche de faire le tour de la ceinture de Kuiper de la même manière que Tombaugh. Toutefois, sans un matériel mieux adapté, on évalue à 80 années la durée de la mission… C’est pourquoi une caméra à grand champs sera utilisée : au lieu, comme les télescopes, d’offrir des photos de parties du ciel « de la taille d’un ongle », elle permettra des prises de la taille de la main. En novembre 2003 Brown, Chadwick, Trujillo et Rabinowitz découvrent effectivement Sedna, astre d’un diamètre compris entre 1.200 et 1.800 km, 2 fois plus éloigné du soleil que pluton au périhélie, mais… 20 fois plus éloigné à son aphélie ! Son inclinaison orbitale est d’environ 12°. Déjà on demande aux astrologues s’il vont l’intégrer à leurs interprétations sans mesurer les problèmes techniques que peut poser une période de révolution de 10.000 ans. En effet, Sedna est quasi fixe dans le zodiaque à l’échelle d’une vie humaine, mais ce n’est pas le genre de question que se pose le sceptique moyen à propos de l’astrologie… En janvier 2005, après avoir exploré assez loin les alentours de l’écliptique, ils découvrent Eris, astre dont l’inclinaison orbitale est de… 44° (!) et les caractéristiques bien proches de celles de Pluton. En effet, sa période de révolution est du même ordre de grandeur (557 ans contre 248), tout comme son diamètre (évalué à l’origine à 3.600 km mais réévalué à environ 2.400 km contre 2.300 pour Pluton). Cette fois, impossible d’occulter le problème : Eris est la Xème planète (d’où le X de « Xéna », l’appellation première et non officielle d’Eris), ou alors Pluton n’est pas une planète !
Pour l’astrologie, la question de l’intégration d’Eris dépoussière celle de la question de la largeur de la bande zodiacale (si il y a un sens à s’interroger sur la dite largeur…) : avec une orbite de 44° d’inclinaison, Eris est bien au-delà du « chemin » des planètes traditionnelles. En effet, les corps du système solaire n’orbitant pas autour du soleil dans le même plan que la Terre, les degrés du zodiaque astrologique ne rendent pas compte exactement de la position apparente d’un astre. Les astres astrologiques sont virtuels. Ce problème technique déjà très gênant pour l’établissement des premiers calendriers lunaires9 (l’orbite de la lune présente de fortes latitudes par rapport à l’écliptique, ce pourquoi elle ne se levait pas toujours au moment attendu…) fait qu’un astre peut être considéré comme levé (« en maison XII ») alors qu’il est encore couché (« sous l’horizon Est, en maison I »). Réciproquement, un astre peut être considéré comme sous l’horizon (« maison I ») alors qu’il est levé depuis longtemps… Avec les 17° d’inclinaison de l’orbite de Pluton les écarts sont déjà énormes, avec les 44° d’Eris ce serait le flou artistique le plus complet ! Pour plus de développements sur ce point, on conseillera la lecture de notre Dossier consacré à la question des conséquences possibles pour l’astrologie du déclassement de Pluton, et plus exactement des conséquences de la découverte des nombreux corps présents aux alentours ou bien plus loin que Pluton. En effet, une grande partie de son symbolisme astrologique s’est construite sur les notions de dernière planète du système solaire (référence au dieu des enfers, etc) et d’astre isolé…
A suivre, la 4ème partie de ce dossier, dont les conditions du déclassement de Pluton…
Serge BRET-MOREL
8 Ainsi naquit le mythe de la planète X, ou 10ème planète du système solaire, lequel fut mis à mal par une correction récente : d’après les déviations de trajectoire des sondes Voyager, on a pu calculer que la masse de Neptune est inférieure à ce que l’on avait cru. Il n’y avait donc pas de perturbations de la trajectoire réelle de neptune, mais avant tout une trajectoire théorique erronée : la trajectoire de Neptune réintègre ce que peut prévoir la théorie avec les nouvelles données. Mais le mythe de la planète X subsiste, car ce ne sont pas les faits qui l’alimentent, on y reviendra plus tard dans ce dossier. 9 Verdet, « Une histoire de l’astronomie », I-2, Le Seuil, 1997
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