Serge BRET-MOREL

L’ASTROLOGIE face à ELLE-MEME

PROLOGUE à une RENOVATION de la CRITIQUE de l’ASTROLOGIE

 

Nouveauté

 

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Nouveauté

 

Cher internaute posons la question suivante : que devrait-on faire si un jour le monde astrologique commençait à développer une autocritique de sa discipline ? Devrait-on encourager cette démarche ? Y rester indifférent ? La condamner par principe (risque de récupération) ? La question va peut-être se poser bientôt…

Vous l’avez compris, ce site va être consacré au développement de multiples réflexions critiques à propos de l’astrologie, et il est bien différent de ce que vous trouverez ailleurs sur le net, dans les médias ou dans les livres. En effet, j’ai choisi de nommer ce site « L’astrologie face à elle-même » parce que ce fut (et c’est toujours) ce qui définit le mieux ma démarche analytique : un examen critique venant de l’intérieur de l'astrologie.

« Venant de l’intérieur », c’est à dire provenant d’un esprit à la fois

-          Très familier des pratiques astrologiques (je ne suis pas astrologue, mais j’ai naguère pratiqué la chose en privé, comme cela se fait souvent)

-          Familier du milieu astrologique (voir « Qui suis-je ? » dans la catégorie « Présentation »)

-          Disposant d’une formation originale lui permettant d’apprécier à sa juste valeur la critique sceptique. En effet, mon Master en Histoire et Philosophie des sciences obtenu en 2006 à Paris I - la Sorbonne (voir « Kepler » dans la catégorie Historia) fait suite à un cursus universitaire en Philosophie ainsi qu’une licence de physique, et s’ajoute (surtout) à ma connaissance de l’outil astrologique qui me permet de proposer un regard neuf sur le problème.

Le but de cette démarche sera clairement de montrer que l’analyse critique de l’astrologie, quand elle s’en donne les moyens, est extrêmement complexe, ne serait-ce que sur le plan technique. Nous remettrons donc en question bien des idées reçues au sujet de l’astrologie.

 

Pourquoi un site intégralement consacré à l’analyse critique de l’astrologie ?

Ce qui au départ (~ an 2000) ne devait durer qu’un temps, s’est révélé bien plus riche et fécond que je ne l’avais imaginé. Des années à temps plein seraient nécessaires pour faire le tour de la question en allant au-delà des catégories habituelles, ce que à mon sens, le monde de l’astrologie a totalement sous-estimé, idem pour le monde sceptique. En général, les premiers ont des choses plus nobles à faire que de s’occuper de ces « détails » que nous allons pourtant faire fructifier, les seconds considèrent cela comme une activité annexe et sans grand intérêt. Il est dommage pourtant que l’examen de la croyance astrologique soit si teinté de l’intérêt qu’on lui porte, autrement dit des a priori à alimenter… Au terme de cette démarche pourtant, il sera peut-être possible d’envisager une refonte de la critique même de l’astrologie, intégrant la partie traditionnelle et proposant un tri parmi ses arguments. Notre postulat de base : l’outil astrologique est complexe, son maniement l’est donc aussi. Considérer l’astrologie comme simpliste et stéréotypée c’est commettre un lourd contresens, fondé parfois sur l’idée paradoxale que les astrologues ont eu le temps d’en faire le tour alors que parallèlement on leur retire toute compétence rationnelle (ou presque) ! Nous pourrons donc, en termes de critique, envisager de devenir plus royaliste que le Roy, selon l’expression…

Il faut ajouter à cela une grande inertie de la communauté astrologique face à l’autocritique. Il est donc difficile de publier des textes de ce type dans ce milieu. On entend souvent que les critiques sont mauvaises parce qu’elles sont formulées par des esprits qui ne connaissent pas assez l’objet de leur critique. Pourtant… pourtant, quand la critique vient d’une Fédération d’astrologues, elle est rejetée de la même manière. Et on invoque en général le critère d’évidence (la tradition, l’expérience, la croyance, etc) mais cela a comme conséquence d’éviter bien des remises en question. Il n’est pas étonnant alors que, devant l’hostilité stérile parce que non argumentée des retours auxquels elle doit faire face, la critique devienne petit à petit plus sévère. En cela nous comprenons certains acharnements critiques mais nous rejetons la motivation purement idéologique (la Raison face à l’Irrationnel). Face à cette inertie astrologique et devant les apports des questionnements critiques venant de l’intérieur il me semble qu’il est devenu nécessaire de créer ce site. Il permettra à chacun (je pense aux futurs astrologues notamment en ce qui concerne la catégorie Astrologica ) de se faire une idée sur certaines questions en prenant le temps de découvrir une argumentation critique, le cynisme en moins. Notre propos sera à la fois critique et astrologique puisque prenant les problématiques de l’intérieur en remettant en question justement, les évidences.

 

La critique traditionnelle ne suffit-elle pas ?

L’inefficacité manifeste de la critique traditionnelle de l’astrologie oblige à s’interroger sur sa portée réelle. En effet, les bêtises horoscopiques n’ont jamais autant pullulé qu’aujourd’hui dans les médias, et d’un autre côté, les astrologues n’ont jamais été autant symbolistes (donc antiscientifiques, pour ne pas dire antirationalistes) et sans limites dans leurs interprétations. De plus, la critique militante laisse un goût amer en rejetant tout sans conserver au moins ce que beaucoup y trouvent sur le plan humaniste dans le domaine de la connaissance de soi. L’explication traditionnelle consiste à rendre responsable l’irrationalité nécessairement consubstantielle à la croyance, pourtant, combien appliquent l’astrologie sans adhérer vraiment à ses fondements ??? Nous espérons pouvoir trouver dans l’incapacité de la critique à se formuler en termes astrologiques, une autre raison de son échec. Le sceptique n’éprouve que bien rarement le besoin d’entrer dans le détail des procédures et des problématiques astrologiques, ce pourquoi souvent il n’est pas pris au sérieux par le professionnel de l’astrologie. Il est possible de voir dans l’outil astrologique (signes, maisons, orbes astrologiques essentiellement) un moyen purement mathématique pour la Raison de se relancer dans l’examen rationnel de l’astrologie en sortant des réductions habituelles des questions du vrai et du faux. Et même en se représentant la critique sceptique comme une sorte de démarche causale non assumée… En effet, quelles solutions propose-t-elle aux problèmes qu’elle soulève ? Quelle est la valeur au final, d’une critique à charge ?

 

Le critère technique

Chacun a déjà remarqué que le jargon astrologique est assez inaccessible pour que le professionnel puisse « avoir réponse à tout » selon l’un des poncifs habituels de la critique. En fait, le terrain purement technique est encore un lieu où l’astrologue peut se réfugier pour échapper à une critique qui, impuissante, se contentera d’essayer de l’atteindre indirectement. Par la mesure de ses résultats ou la dénonciation stérile de l’absence de fondements scientifiques qui n’atteindra jamais l’astrologue dans sa pratique. Or, c’est justement sur le plan pratique que nous concentrerons nos efforts, au point de presque déloger l’astrologue de sa tour d’ivoire technique. L’outil astrologique considéré comme structurant de la pratique car AUTONOME des jugements de l’astrologue, sera la faille par laquelle nous pourrons nous introduire et proposer des procédures de jugement des pratiques astrologiques indépendantes de la question du Sens, si omniprésente dans la pratique. Nous pourrons même introduire la question du hasard dans les problématiques astrologiques pour rendre compte de la forme de certaines d’entre elles et des résultats que prévoit le hasard, un comble…

 

A propos de la déontologie

En cela, nous ajouterons certes une corde à l’arc critique, mais nous innoverons aussi sur le plan déontologique. Car en effet, la déontologie est une question presque insoluble aujourd’hui dans le domaine de l’astrologie, et par le biais de l’examen rationnel de son outil et de ses pratiques, nous pourrons rêver à une critique moins inefficace. Et qui sait ? Créer enfin un pont entre la critique de l’astrologie et le monde de l’astrologie. Rêvons un peu… Aujourd’hui l’analyse critique a mauvaise presse dans le monde astrologique, elle est souvent vécue comme une privation de liberté, d’où les appels habituels à la tolérance qui restent hors-sujet : une discipline adulte ne saurait s’affranchir par principe de la question de l’autocritique. Il nous semble que la question des fondements de l’astrologie ne devrait pas être primordiale dans l’organisation de la profession d’astrologue, et que celle-ci devrait plutôt se construire par rapport au statut de la personne et à l’utilisation de l’outil astrologique, lesquels peuvent se formuler au-delà des fondements de l’astrologie. Quelle hérésie ! Pourtant, comment justifier vraiment le haut salaire pour un conseil spirituel qui mène à l’endettement ou à la sélection par l’argent ? La question du recrutement par l’astrologie sera un autre thème de choix pour confronter la croyance à la réalité. L’astrologie propose certes un discours sur le réel, mais la question est : n’est-elle que cela ? Nous verrons que certains postulats (comme celui de la sympathie ou interdépendance universelle) nuisent à la recherche de limites en astrologie (voir la catégorie Astrologica). Nous tenterons ainsi, et contrairement à la tradition astrologique, de recomposer la pratique de l’astrologie de façon purement artificielle : ceci, non pour en montrer l’absurdité, mais pour que le professionnel se confronte au hasard. Que faire des dérives que le hasard prévoit de façon purement technique ? Comment y échapper ? En quoi l’astrologie est-elle autre chose que cela ?

 

La question de la prévision

Bien sûr, la question de la prévision est primordiale dans notre travail, comme elle l’est toujours pour l’astrologue. Notre approche technique mettra à jour de nombreux biais pratiques et permettra d’envisager une synthèse de ces biais visant à proposer un rejet de certaines pratiques, donc de certaines conclusions. Combien ? C’est une question qu’il faudra se poser plus tard, mais puisque ces biais sont des vers installés depuis des temps immémoriaux dans le fruit astrologique et qu’ils sont non intuitifs (comme les lois du hasard en général)… il faut tout envisager, à commencer par la remise en question d’une tradition empirique non armée contre les lois du hasard. Le critère technique montrera rapidement que certaines pratiques habituelles ne permettent pas de conclure que les réussites observées ne sont pas dues au hasard prévu par l’utilisation d’un outil astrologique si complexe. Or, ce que le hasard expliquera techniquement, l’astrologue devra commencer par s’en méfier, puis envisager de le rejeter.

En somme, à la question « Qu’est-ce que l’astrologie peut ou non prévoir ? » à laquelle on répond par principe et par des exemples factuels, nous ajouterons la question « L’astrologie peut-elle prévoir n’importe comment ? ». Une petite révolution où les statistiques deviennent secondaires devant les lois de probabilité qui les fondent…

 

La responsabilité des médias

Nous en profiterons aussi, toujours par le biais du critère technique, pour tenter de mettre les médias face à leurs responsabilités à propos des bêtises horoscopiques que même la plupart des astrologues professionnels rejettent… en privé (sinon à la FDAF, nous y reviendrons aussi). N’avez-vous pas remarqué que les prévisions astrologiques sur les élections américaines, les jeux olympiques ou encore le dernier congrès du PS ont été moins nombreuses qu’à l’accoutumée ? Non, ce ne peut pas être du à un essoufflement de l’astrologie, comme certains pourraient l’envisager (elle se porte assez bien), ni à la semi retraite de la plus médiatique des astrologues, Elizabeth Teissier (quoique…) ou à une critique sceptique en fait assez peu présente. Peut-être faut-il y voir aussi le premier effet d’un travail de fond réalisé depuis des années par une petite équipe de passionnés et de professionnels de l’astrologie composant l’équipe dirigeante de la Fédération Des Astrologues Francophones. Si ses actions sont inconnues du grand public, ce n’est pas le cas du milieu astrologique qui est toujours surpris, voir gêné par les critiques et les appels à la prudence répétés régulièrement par la FDAF. Précisons aussi que les travaux exposés sur ce site n’engagent que leur auteur, pas directement la FDAF, mais celle-ci reconnaît l’intérêt que pourrait représenter une autocritique structurée de l’astrologie. Pour preuve le fait qu’elle publie nos articles depuis fin 2003 ou bien le fait qu’elle propose une baisse des prétentions de l’astrologie. Comme la fin de ses prétentions divinatoires

Peut-être faut-il donc voir dans les prévisions-prédictions collectives plus discrètes un premier effet de ce travail de fond dans le milieu astrologique puisque les médias n’en parlent pas publiquement ? Dans ce cas, afin qu’il puisse maintenant atteindre le grand-public, il faudra que certains médias commencent à donner la parole à des individus du monde astrologique ne revendiquant plus les chapeaux pointus folkloriques que l’on aime à voir ridiculisés si facilement.

Pour cela vous avez un rôle certain à jouer en signalant ce site aux dits médias
si certains de ses contenus vous convainquent.

 

En vous souhaitant bonne lecture, cher internaute…

  

Serge BRET-MOREL
le 24 novembre 2008