Serge BRET-MOREL

L’ASTROLOGIE face à ELLE-MEME

PROLOGUE à une RENOVATION de la CRITIQUE de l’ASTROLOGIE

 

Présentation

 

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Peut-on penser l’astrologie ?

 

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Peut-on penser l’astrologie ? Science ou voyance ? titraient l’astrophysicien Daniel Kunth et le psychiatre Edouard Collot dans leur livre paru en 2000 aux Editions Le Pommier pour conclure que l’astrologie est impensable sur le plan des sciences dures (la Physique surtout), et qu’elle a plutôt sa place dans les sciences humaines comme sujet d’étude des états de la conscience. Mon postulat à propos de l’autonomie de l’outil astrologique et de la complexité qui en découle, bien qu’évident, n’a jamais donné lieu à l’examen approfondi de ses conséquences (en langue française au moins), pourrait permettre de remettre en question en partie au moins, ces conclusions. Non pas qu’elles étaient fausses au moment de la sortie du livre ou que « l’astrologie soit scientifique », l’état de l’astrologie leur donnait amplement raison, mais sur le fond : il est peut-être possible de penser l’astrologie si l’on ne tente pas d’en justifier en vain la tradition ou de se limiter à l’analyse a posteriori de ses discours. Il nous faudra pour cela désacraliser le débat tout entier en différenciant bien par exemple entre Raison et sciences dures, entre « astrologie » et discours ou pratiques des astrologues, entre critique sceptique et analyse critique. En somme en faisant de la question du vrai et du faux une question seconde et non une question première.

La raison ne se réduit pas au critère scientifique, ni à la rhétorique, ce ne sont que des composantes du débat (à ne pas négliger certes)… l’épistémologie de la physique n’étant pas celle des sciences du vivant ou des mathématiques, en cela l’astrologie est encore PRESQUE vierge du point de vue épistémologique, sur le plan de son outil technique notamment, comme j’aimerais le montrer, aussi choquant ou présomptueux cela puisse-t-il paraître ! Et bien que l’on ne voie pas dans l’astrologie une science.

Au risque de nous répéter, que le lecteur se rassure : nous ne visons pas à prouver l’astrologie, ni à la défendre, ni à l’accabler plus encore qu’elle ne l’a été jusque ici (même si cela découlera malgré nous de notre démarche), mais seulement à appliquer de façon nouvelle la raison à la croyance astrologique, sans préjuger de la finalité de cette démarche. Ce fut oui, il y a longtemps de cela, la volonté de prouver l’astrologie en répondant à la critique sceptique qui nous motiva, mais ce n’est plus maintenant que la volonté d’aller au bout de notre travail critique qui nous pousse. La critique sceptique n’est pas à rejeter par principe et nous a même convaincu de certaines limites de l’astrologie. Or, ce travail est si vaste (près de 2.000 pages début décembre 2008…) qu’il n’est pas encore possible d’envisager une synthèse globale. Je reporterai donc cela à plus tard, et le laisserai peut-être même à d’autres, moins immergés que je le suis dans les problématiques d’une rénovation de la critique de l’astrologie.

Bien sûr la question de l’erreur sera omniprésente dans notre travail, et nous chercherons différentes raisons aux « erreurs » de l’astrologie. Notamment qu’une « bonne interprétation » ou qu’une « bonne prévision » peuvent être tout de même erronées

Les astrologues aiment à rappeler la gloire de l’astrologie dans les siècles passés, mais oublient (ou méconnaissent) toujours l’un des « détails » qui a permis a Kepler ni plus ni moins que de révolutionner l’Astronomie et peut-être, de lancer vraiment la révolution copernicienne. A savoir ces fameuses « 8 minutes » d’erreur dont parlent si souvent les historiens des sciences. En effet, pour se remettre dans le contexte de l’époque, Kepler travaillait au début du 17ème siècle sur la rénovation des systèmes astronomiques traditionnellement géocentriques (la Terre au centre du Cosmos) au profit du système héliocentrique proposé par Copernic. Or celui-ci souffrant de bien des imprécisions, Kepler travaillait à le compléter, notamment en ajoutant des postulats physiques (ce que Copernic n’avait pas fait) comme placer le Soleil (vrai) exactement au centre du Cosmos. Ceci, en plus d’autres hypothèses de travail, lui permit d’améliorer le système copernicien, d’autant plus que Kepler travaillait sur des données indisponibles à l’époque de Copernic : les observations systématiques réalisées par Tycho Brahé et son équipe d’astronomes sur de nombreuses années. Ces observations systématiques étaient de terribles contraintes expérimentales pour le théoricien Kepler qui, de plus, avait promis à Tycho sur son lit de mort, de présenter son système astronomique (dit « tychonien ») inspiré des travaux de Copernic (Terre au centre du monde, mais planètes tournant autour du Soleil et non de la Terre). Or, Kepler réussit à mettre au point plusieurs modèles (tous héliocentriques mais avec des paramètres différents) dont un au moins permettant de rendre compte des observations de Tycho mieux que tous ceux jusqu’alors imaginés par les hommes (et principalement Ptolémée, Tycho et Copernic). Kepler aurait pu s’arrêter là, mais non, le perfectionniste qu’il était remarqua un écart de « 8 minutes » (d’angle, pas de temps) entre ce que prévoyaient ses calculs et ce que l’on avait observé dans le ciel. Mais ce qui jusque-là n’aurait constitué qu’un détail, était inacceptable pour Kepler. Pourquoi ? Tout simplement parce que, convaincu que le Dieu Mathématicien était à l’origine des mouvements planétaires, ils ne pouvaient qu’obéir à des lois très précises : son modèle était donc faux.

Les astrologues voient-ils où je veux en venir ? Non pas à la croyance en une divinité… mais au fait que c’est une erreur infime de prévision par le calcul (dont il aurait pu se satisfaire) qui poussa Kepler à remettre en cause tous ses modèles et ceux des autres ! Or, lorsque l’on constate les erreurs des prévisions-prédictions astrologiques et combien d’astrologues se réclament de Kepler sans jamais vraiment suivre ses méthodes de travail, ses critiques de l’astrologie, ou réclamer la même exigence que lui, comment ne pas penser au pauvre Kepler ?!

 

Bien sûr, l’astrologie « n’est pas une science exacte », mais son outil technique lui, peut être examiné par les sciences exactes. C’est ni plus ni moins que ce que nous tenterons de faire, ou au moins poser les premières pierres pour un examen rationnel plus pointu. Car l’astrologie est à la fois technique et symbolique pour son praticien, ce pourquoi il ne peut pas nier a priori la possibilité de notre travail. Qu’il postule qu’il n’y a pas de hasard ou que les configurations astrologiques ne coïncident pas avec les événements par hasard, c’est là un POSTULAT de la tradition, mais humainement parlant cela reste un postulat. Et seulement un postulat, car les lois du hasard existent, et ce dont elles peuvent rendre compte de façon non intuitive, un postulat seul ne peut les invalider, nous y reviendrons abondamment sur l’ensemble de ce site.

Serge BRET-MOREL
le 6 décembre 2008

 

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