Serge BRET-MOREL

L’ASTROLOGIE face à ELLE-MEME

PROLOGUE à une RENOVATION de la CRITIQUE de l’ASTROLOGIE

 

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La prévision

 

La question de la prévision est encore pour bien des astrologues, consubstantielle à l’astrologie, et fonde même ses prétentions scientifiques (puisque ses fondements échouent à cela, comme on l’a expliqué dans la catégorie Rationalis) de par son versant technique. En ce début de 21ème siècle pourtant, toute discipline visant le statut de science doit s’imposer des exigences méthodologiques nombreuses et implacables. Il se trouve que l’astrologie n’a même pas commencé cette démarche d’organisation systématique des techniques prévisionnelles, et notamment le dénombrement des nombreux biais pratiques composant la pratique de l’astrologie. C’est pourquoi à ce jour aucune prétention scientifique de la prévision astrologique ne peut se faire autrement qu’au conditionnel : « si la pratique de l’astrologie disposait d’une méthodologie rationnelle incluant la question de l’erreur » alors elle pourrait commencer à revendiquer la possibilité, éventuellement, d’un accès au niveau de science… mais il manque le minimum : des questionnements sur la notion d’erreur, des questionnements sur la question du hasard, une approche mathématique de la question de l’erreur dans le maniement des innombrables outils techniques de l’astrologie.

C’est un peu la vocation de cette catégorie de notre site. Puisque bien des astrologues ont déjà défendu l’idée de la possibilité de la prévision astrologique, ses soi-disant réussites et perspectives, mais sans jamais nous convaincre… nous axerons de façon originale nos questionnements sur les limites de la prévision astrologique. Tant que les astrologues n’expliqueront pas comment ils tiennent compte de ces biais pratiques que nous allons décrire (et d’autres) au fil des exemples, la branche prévisionnelle ne pourra pas être crédible.

 

Affaire DSK : quand la prévision astrologique surprend encore !

Alors que l’homme politique Dominique Strauss-Kahn a été arrêté dans le cadre d’une accusation d’agression à caractère sexuel, laquelle a entraîné sa démission du FMI ainsi que, normalement, la fin de ses velléités présidentielles, les médias ressortent quelques prévisions-prédictions astrologiques de leurs archives. Dans cet article, nous examinons la défense de l’astrologue Elizabeth Teissier suite à sa prise en flagrant délit d’erreur quant à l’avenir de Dominique Strauss-Kahn pour 2011 (« année géniale » pour lui…). Nous examinons aussi le cas contraire, à savoir la prévision réussie de l’astrologue Audray Gaillard, annonçant quelques mois plus tôt que DSK aurait une crise à gérer fin mai début juin 2011.

Dans cet article nous nous interrogerons sur quelques précautions méthodologiques absentes de la prévision astrologique :

Qu’est-ce qu’une prévision astrologique réussie ?

L’astrologue peut-il cumuler des prévisions qui se contredisent ?

Prévoir à longs termes c’est tenter la synthèse de centaines de configurations astrologiques : est-ce du domaine du possible ?

Peut-on sauver une prévision ratée par une interprétation a posteriori ?

Les configurations astrologiques rares sont… très nombreuses et très courantes : pourquoi auraient-elles un statut particulier ?

L’outil astrologique peut-il tromper son utilisateur ?

Prendre de grands risques prévisionnels, est-ce une preuve d’humilité ou de narcissisme ?

Quelles responsabilités pour les astrologues qui prévoient publiquement ?

Prévoir au présent, prévoir l’évidence, prévoir le probable, est-ce vraiment de la prévision ???

 

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Nous avions déjà disserté sur la question de la validation d’une prévision-prédiction astrologique annoncée comme « réussie » : Que faire des prédictions astrologiques justes mais… irrecevables ??? Nous avions pu à cette occasion nous poser les questions suivantes :

La prévision « réussie » d’un événement concerne-t-elle le moment de sa réalisation ou celle de son annonce dans les médias ?

Lorsque les prévisions-prédictions sont trop nombreuses, peuvent-elles être indépendantes les unes des autres ?

Est-il plus facile de prévoir à courts termes plutôt qu’à longs termes ?

Revenir sur ses erreurs prévisionnelles, n’est-ce pas d’abord une preuve de courage et d’honnêteté ?

 

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Au moment de la crise financière de fin 2008, nous avions publié l’article Crise boursière : et si l’astrologie… n’y était pour rien ? Celui-ci nous avait permis de nous interroger sur les questions suivantes :

Pourquoi, à la veille du krach boursier d’octobre 2008 aucun des sites d’astrologie boursière n’annonçait-il la catastrophe pourtant imminente ?

Pourquoi les prévisionnistes revendiquant des prévisions réussies sont-ils souvent surpris eux-mêmes par les événements pourtant « annoncés » ?

A trop prévoir, prévoit-on vraiment ou fait-on seulement des paris sur l’avenir ?

A trop multiplier les paramètres d’interprétation astrologique, comment ne pas se noyer ?

Dans quelle mesure certaines prévisions ratées sont-elles plus graves que d’autres ?

Quelle légitimité, quelles limites à l’astrologie boursière quand les configurations les plus positives accompagnent les plus grandes chutes boursières ?

Peut-on tout justifier par l’astrologie ?

Si les prévisions astrologiques à courts termes et à longs termes sont indépendantes, cela n’augmente-t-il pas artificiellement les chances de réussite ?

Il faut distinguer entre une prévision qui prend un risque réel sur l’avenir, et un pari sans mise dont on ne revendiquera que la réussite

Puisqu’il y a TOUJOURS des configurations astrologiques positives et négatives, est-il étonnant que des baisses se produisent au moment des négatives ?

 

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En 2007, nous nous interrogions sur Les coulisses astrologiques de la présidentielle en nous posant les questions suivantes :

L’astrologue peut-il sélectionner la configuration astrologique qui l’arrange parmi deux configurations contradictoires ?

L’astrologie n’est pas de la voyance

Pourquoi l’astrologue ne prévoit-il la victoire que des candidats en tête des sondages ?

« Gagner » et « perdre avec les honneurs » est-ce du pareil au même ?

La prévision astrologique est-elle compatible la notion de choix consubstantielle au suffrage universel ?

Prévoir le second tour de la présidentielle avec une chance sur deux de réussir (pile ou face) est-ce vraiment prévoir ?

Prévoir, est-ce choisir les meilleures configurations astrologiques ?

Est-ce toujours l’astrologue qui se trompe ? Pourquoi ne serait-ce pas l’astrologie qui est mise en défaut par un échec prévisionnel ?

 

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La prévision astrologique dans l’Histoire : dans la catégorie Historia (histoire de l’astrologie) nous avons disserté aussi sur la notion de prévision.

Dans l’article Sur les origines de l’astrologie : présages et prévisions nous avons remarqué que

Sans possibilité de prévoir le retour des astres, les devins Mésopotamiens ne pouvaient pas faire de « prévisions », seulement des « présages ». Quelles différences ?

La tradition prévisionnelle de notre astrologie ne peut pas remonter si loin dans le temps…

Le contenu des présages mésopotamiens n’est plus utilisé par les astrologues contemporains : mythe des origines ?

Les techniques Mésopotamiennes n’ont rien à voir avec les techniques contemporaines : mythe des origines de l’astrologie ?

 

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Avec l’article Kepler rédigeait-il des horoscopes ? Nous proposons la traduction (inédite en français) de quelques lignes d’un petit opuscule prévisionnel que le célèbre astronome rédigea juste après la mort de Tycho Brahe. Il permet de rappeler en quoi Kepler était bien astrologue à ses heures, même s’il avait une réelle aversion pour la prévision astrologique traditionnelle et rejetait bien des habitudes dans ce domaine.

Pour Kepler le grand nombre de prédictions faites par tous les astrologues explique que certaines tombent parfois justes

Pour Kepler, toutes les prévisions contredites par les faits seront oubliées au profit de celles qui semblent être tombées justes

 

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Nous avons participé à la traduction en français des horoscopes keplériens réalisés pour le comte Wallenstein (1608) (1625). Le lecteur pourra voir comment Kepler rédigeait ses prévisions-prédictions dans le cadre de consultations privées et en utilisant les techniques des transits et des révolutions solaires.

 

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Avec Sur les origines, l’apparition, le succès et quelques contradictions des horoscopes de presse nous nous interrogeons sur l’origine (très récente) des horoscopes de presse permettant tant de prédictions à la journée…

Les horoscopes de presse n’ont pas encore 100 ans, ils ne sont pas vraiment « traditionnels »

Les premiers horoscopes de presse ne concernent pas les 12 signes astrologiques mais les… blondes, les brunes et les rousses !

Nombre de « prévisions » horoscopiques ne concernent même pas les personnes à qui elles s’adressent !

Le succès des horoscopes est-il vraiment du à leurs réussites ?

Techniquement parlant, l’horoscope de presse est astrologiquement absurde

 

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Dans notre article (1999-2009) Terrible changement de millénaire pour l’astrologie française, nous rappelons les terribles dégâts causés par quelques prévisions médiatiques ratées, ainsi que le contraire, les terribles événements non prévus par l’astrologie ( 11 septembre 2001, tsunami, etc) en posant les questions suivantes :

Pourquoi les prévisions astrologiques privilégient-elles les aspects astrologiques parfaits alors que les interprétations a posteriori s’autorisent toujours à de grands orbes ?

Un tremblement de terre peut-il remplacer après coup la chute de la station Mir ???

Si les astrologues ne réussissent pas à prévoir les plus terribles événements, comment pourraient-ils envisager de prévoir ceux de la vie de chacun ?

Quand un événement concerne plusieurs personnes ou plusieurs groupes, l’astrologue peut-il se contenter d’établir un thème ou deux et pas tous ???

 

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Dans la catégorie Mediatica, nous consacrons une sous-catégorie à la critique des horoscopes de presse. L’article Horoscopie et publicité, de troublantes (?) similitudes permet de décrire bien des limites et dérives des horoscopes de presse en analogie avec celles de la publicité

Ils semblent s’adresser à tous mais ne s’adressent qu’à certaines personnes

Le format du produit impose un contenu simpliste

Le rapport à la réalité est accessoire

L’anthropomorphisme plombe l’exercice

La technique astrologique prend le pas sur la personne : malgré les apparences, la prévision est inhumaine et lénifiante

On néglige le fait que l’on va nécessairement donner des mauvais conseils

Les horoscopes existent parce qu’ils font vendre, pas parce qu’ils marchent

Lire son horoscope le soir montre toutes ses limites

 

 

Serge BRET-MOREL

Mis en ligne le 4 juin 2011