Serge BRET-MOREL

L’ASTROLOGIE face à ELLE-MEME

PROLOGUE à une RENOVATION de la CRITIQUE de l’ASTROLOGIE

 

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Le prisme médiatique
(Prisme : objet, milieu, espace déformant)

 

Plan :

1ère partie : Conséquences de la diversité des acteurs et des fondements (23-02-2011)

2ème partie : Le prisme médiatique de la critique de l’astrologie (17-04-2011)

Résumé et conséquences des deux premières parties du dossier

3ème partie : Le prisme médiatique de l’astrologie prévisionnelle collective

 

1ère partie :

Conséquences de la diversité des acteurs et des fondements

 

Lorsque l’on se prend de passion pour l’examen de la question de la complexité astrologique (complexité technique de l’outil d’interprétation ; complexité des symboles ; complexité des applications ; complexité des « fondements » ; complexité des profils des praticiens ; complexité des débats, complexité des problématiques ; complexité expérimentale ; etc), vient vite le moment où l’on se heurte au désintérêt qu’elle suscite généralement du fait qu’elle est considérée comme simpliste et réductrice en tout. Il n’est pas évident, comme nous le faisons, de tenir un discours théorique sur l’astrologie qui diffère grandement de celui des astrologues et des sceptiques traditionnels visant à défendre ou à attaquer l’astrologie. L’amateur critique ou astrologue va essentiellement répéter ce qu’il a lu ici ou là. Bien souvent en fait, le sceptique de l’astrologie critique moins l’astrologie que la bêtise qu’il lui attribue par le biais des horoscopes et autres prédictions collectives. La critique de l’astrologie est alors pour certains (pas pour tous), un exutoire comme un autre, ce qui permet de rendre compte de deux symptômes courants de la critique sceptique. Il n’y a pas besoin de bien connaître le sujet pour se laisser aller à de violents jugements en reprenant des critiques traditionnelles pas toujours valables. On ne s’inquiète pas toujours de risquer de formuler des critiques erronées : l’astrologie l’a bien mérité, et finalement peu importe. Par exemple les constellations ne sont que des figures apparentes ? Certes, mais il n’y a pas de constellations dans les thèmes des astrologues… que vaut cette critique ?

 

C’est ainsi que l’on nous reproche de temps en temps de consacrer du temps et de l’énergie à la honteuse astrologie (celle des horoscopes et de la voyance en fait), même s’il s’agit d’un examen à vocation rationnelle. L’astrologie que l’on semble décrire, et analyser, ne ressemble pas à celle que l’on « voit » tous les jours dans les médias…

 

Il est vrai que lorsque l’on est amené à relativiser ou à rejeter certaines critiques ayant la force de l’évidence, parce que l’on en produit de nouvelles (qui parfois entrent en concurrence avec les habituelles), cela prête vite à confusion. D’où l’aspect hybride d’une approche qui se veut à la fois engagée et objective : le temps de l’analyse, « l’astrologie » gagne en quelques sortes en dignité en tant que discipline bien vivante, c’est vrai. Mais les moyens consacrés (ou non !) à son étude ne sont-ils pas proportionnels à l’intérêt qu’on lui porte plus qu’à ce qu’elle vaut vraiment sur le fond ? Pourtant, l’astrologie subit en retour de ce temps consacré, une critique plus pointue. Car il n’y a pas réhabilitation automatique de ses postulats, de ses outils, de ses procédures, de ses acteurs, de ses applications, ni de ses résultats. Au contraire, c’est rendre possible une critique plus attentive (donc plus étendue) de l’astrologie (occidentale en ce qui nous concerne).

La littérature astrologique étant sans fin, il est productif pour éviter de sombrer dans la caricature en prenant à la lettre tel ou tel texte ou argument, sinon de distinguer entre « bonnes » et « mauvaises » astrologies, en tout cas de s’intéresser à certaines conditions d’élaboration des discours astrologiques. Le brouhaha que l’on observe dans les médias est-il bien à l’image de ce que peut proposer l’astrologie ? Les dérives observées ont-elles des causes d’origine disons, sociologiques ? L’astrologue est-il une victime inconsciente de la complexité technique du système astrologique ?

 

Il suffit de lire un peu quelques argumentations astrologiques pour voir que les références ne sont pas toujours les mêmes, et que les avis divergent sur bien des points. Ainsi la « théorie des ères » (dérive du point vernal dans les constellations) n’est-elle pas acceptée de tous, et la représentation même de l’astrologie (déterminisme, symbolisme pur, etc) varie d’un astrologue à l’autre. Les uns défendent les horoscopes, les autres les rejettent violemment. Les divergences sont encore plus claires sur les forums internet, alors pourquoi les astrologues ne sont-ils pas toujours d’accord entre eux ?

 

Qui sont les acteurs de la question astrologique ?

 

La diversité des courants astrologiques est l’une des composantes de la complexité de la question astrologique, d’autant plus que leurs frontières ne sont pas bien définissables. Il est bien dommage que dans les médias, les astrologues qui s’expriment ne prennent pas le temps de préciser de quel courant ils sont le plus proche. Cela permettrait à tout un chacun de relativiser les paroles de chacun, et de faire prendre conscience au grand publique que l’astrologie n’est pas monolithique, et certainement pas à l’image de ce que l’on trouve dans les médias. Aucun média ne rapporterait les propos d’un homme politique sans préciser son orientation politique, idem pour un religieux et des propos concernant la religion. Cela permettrait aussi à bien des astrologues de relativiser leurs pensées. Nous touchons là à la question de la diversité des acteurs de la question astrologique. En France, l’astrologie est aujourd’hui tropique ou sidérale (une petite minorité d’astrologues positionne les planètes en constellations, d’où des questions sur l’adéquation de certaines critiques lancées « à l’astrologie » alors qu’elles ne concernent qu’une minorité d’astrologues…). Mais elle est aussi traditionnelle ou psychologique (les « événements psychologiques » sont-ils plus que d’autres, interprétables par l’astrologie ?), conditionaliste ou symboliste (l’astrologie est-elle ou non un déterminisme parmi d’autres ?), divinatoire ou causale (le hasard constitue-t-il ou non un critère de validation pour une interprétation réussie ?), etc. Lors d’interviews, les médias ne précisent pas quel est le courant de pensée de l’astrologue, laissant croire à beaucoup qu’il peut parler au nom des astrologues, un peu comme un physicien parlerait au nom des physiciens.

 

La diversité des discours et autres arguments astrologiques, que l’on trouve dans les médias, s’explique donc en partie par l’existence de ces courants astrologiques, comparables par exemple aux trois religions du Livre (juifs, chrétiens, musulmans). Leurs problématiques et leurs conclusions vis-à-vis de l’astrologie diffèrent et il faudrait en tenir compte. Mais curieusement, les différents courants ne se distinguent pas vraiment sur le plan technique : le même système et à peu près les mêmes paramètres (parfois redéfinis) sont utilisés par chacun pour illustrer des croyances (donc des motivations) souvent très différentes. Mais il y aurait contradiction à prôner pour un même outil des « fondements » si variés, s’ils… en étaient vraiment ! En effet, aucun des « fondements » de l’astrologie (ils sont pluriels) n’implique physiquement ses outils au sens fort du terme, nous ne sommes pas dans le domaine scientifique. L’histoire des sciences montre même qu’à l’origine les principaux outils techniques de l’astrologie apparaissent de façons indépendantes, sur une longue durée (près d’un millénaire), et parfois loin des préoccupations d’une « astrologie » encore en gestation (elle se les appropriera progressivement1). Leur systématisation est tardive, elle n’aura lieu que dans le monde Grec et postérieurement à la découverte de la précession des équinoxes… Mais au-delà des techniques (zodiaque, aspects, maisons astrologiques essentiellement) qui nous ramènent aux origines de l’histoire de l’astronomie, les fondements de la pratique sont aussi moraux ou métaphysiques (gestion des interprétations selon la fonction que l’astrologue s’attribue et attribue à l’astrologie), ce qui est bien différent. Car l’astrologue ne réussissant pas à désacraliser sa pratique et subissant régulièrement la critique, ces « fondements » ont aussi comme fonction de justifier socialement l’existence de l’astrologue, par exemple en tant que conseiller spirituel. Nous avons consacré un dossier à la question des fondements de l’astrologie. Si encore l’astrologie disposait de textes révélés, ses praticiens pourraient au moins disposer d’un socle commun sur lequel s’entendre, mais ce n’est pas le cas. D’ailleurs, bien que les astrologues revendiquent une longue tradition astrologique, les anciens textes astrologiques ont été abandonnés depuis longtemps bien que les historiens en aient mis de nombreux à disposition de chacun…

 

Cette autonomie partielle des fondements vis à vis de la pratique, au-delà de rappeler en quoi l’astrologie ne peut plus revendiquer le statut de science, permet aussi de concevoir le milieu astrologique différemment. Cette population revendique un fort état d’esprit d’indépendance, mais rien d’étonnant à cela puisque les raisonnements sur les fondements de l’astrologie se font par syncrétisme et généralisation (ou induction) de pratiques qui varient d’un astrologue à l’autre selon son histoire (culture + connaissances + compétences propres). Le monde astrologique est ainsi totalement désorganisé du fait qu’aucun critère impersonnel de validation ou d’organisation n’est défini. N’importe quel fondement ou presque, peut se greffer sur le système astrologique, et cette remarque étendue à toute l’histoire de l’astrologie (comme on l’avait déjà fait fin 2006), pourrait permettre d’expliquer que ce qui a traversé les siècles depuis l’Antiquité n’est pas « l’astrologie » mais seulement le système astrologique. D’une époque à une autre, ce sont seulement de nouveaux fondements qui viennent se greffer sur le système, avec quelques modifications techniques plus ou moins importantes, et selon la culture du moment. « La pérennité de l’astrologie » n’est alors qu’un point de vue déformé de la diversité des conceptions astrologiques au fil de l’histoire. Mieux, il est possible de rendre compte de la diversité des courants astrologiques passés, présents et à venir, par l’indépendance des fondements et de l’outil astrologique. Puisque chacun peut greffer ses croyances sur le système technique (mathématico-symbolique) de l’astrologie, il y a profusion d’idées et de pratiques astrologiques à chaque époque. De même, il n’y a pas vraiment possibilité de s’accorder, donc d’organiser un ordre des astrologues ou un enseignement commun. L’anarchie devient la norme.

 

La diversité des courants, motivée (voire causée) par l’indépendance du système vis-à-vis de ses « fondements », entraîne donc la diversité des écoles d’astrologie. On en trouvera de nombreuses présentées sur internet, elles offrent un enseignement qui leur est propre, selon les priorités des enseignants astrologues. Bien sûr, puisque les courants sont divers, les enseignants astrologues sont eux-mêmes très divers, et surtout… en général auto-proclamés. Car il n’y a pas de programme d’enseignement commun de l’astrologie dans ces établissements non reconnus pas l’Education Nationale. Et l’enseignement qui y est dispensé est en général plus pratique que théorique à proprement parler. On verra donc là une autre explication de la diversité des profiles des astrologues, lesquels peuvent se former d’ailleurs, à plusieurs écoles ou même… en autodidacte. Les regroupements astrologiques expliquent même en quoi la communauté est en fait un monde associatif où chacun adhère un temps avant parfois, de changer de chapelle au gré des « réflexions » et initiations de chacun, ou encore des discours des dirigeants. On y rencontre d’autres personnes avec qui on échange sur l’astrologie et des sujets connexes. Encore une fois, une telle diversité n’étant pas rappelée lors de tel ou tel reportage, on comprendra qu’il ne revient pas au même d’interviewer un(e) astrologue autodidacte ou représentant tel ou tel courant… On a toujours le sentiment qu’un astrologue s’exprime au nom de tous, alors que c’est tout bonnement impossible.

 

Il serait faux aussi, d’imaginer une communauté de « chercheurs » astrologues (les profiles vont du plus savant cachant sa passion de l’astrologie au plus superstitieux défendant bec et ongle ses croyances) ou bien une sorte de clergé astrologique. Tout le versant méthodologique de l’activité de recherche au sens académique du terme est absent de la plupart des « recherches » personnelles de chacun. Il y a aussi dans cette population, absence totale de consensus sur l’initiation, les fondements et les pratiques, ce qui interdit toute entente, même métaphysique, des instances astrologiques. Il est courant qu’untel ou un autre essaye même de créer de nouveaux outils d’interprétation. Il n’existe donc pas de « paradigme astrologique » (bien que la notion soit parfois revendiquée), ni aucun texte révélé, et l’intérêt commun n’est pas important au point de dépasser les intérêts personnels pour poser la première pierre d’une déontologie commune. Les horoscopes de presse auraient sinon, disparu depuis longtemps.

 

Les horoscopeuses et horoscopeurs (comprendre : les rédacteurs d’horoscopes de presse) sont les personnages par définition les plus visibles dans les médias puisqu’ils sont les seuls ou presque à qui l’on donne la parole. Il est donc tentant de les considérer comme les représentants de l’astrologie. Pourtant, comme on l’a déjà expliqué par ailleurs (voir ici « sur la portée de la critique »), ces personnes ne sont pas représentatives de la population astrologique, car elles n’ont pas de responsabilités importantes dans le milieu, ni ne sont reconnues par leurs pairs pour leurs travaux théoriques (qui en général n’existent pas). Contrairement à l’évidence, les horoscopeurs et horoscopeuses n’ont donc a priori, aucune autorité sur l’astrologie. Ils ne sont pas d’ailleurs, recrutés pour leurs « compétences astrologiques », puisque ces dernières ne sont pas évaluables… Encore une fois, on comprendra que le discours astrologique de ces personnes n’est pas toujours à la hauteur de ce que font des astrologues plus discrets se refusant à faire caricaturalement de l’astrologie prédictive. Aussi, il n’est pas étonnant que les horoscopeurs, en général non formés à la recherche, présentent une vision si peu rationnelle de leurs pratiques, de leurs croyances, et développent tant de lieux communs sur la Science et les arguments anti-astrologiques en général face auxquels ils sont impuissants. L’erreur habituelle consiste à ne pas voir qu’en défendant leur travail, ils ne parlent pas au nom des astrologues, lesquels pour la plupart rejette les horoscopes de presse et refusent même d’en faire.

 

L’absence pour l’astrologie de théorie élaborée et de discours commun, oblige donc le journaliste à s’adresser aux plus connus, pas forcément aux plus pertinents, il donne donc au sceptique une place de choix parmi les acteurs de la question astrologique. Il est même le spécialiste consulté pour un avis objectif ! D’ailleurs, comme il fait souvent écho aux abus de l’astrologie médiatique par le biais de raisonnements emprunts de causalité, il n’est pas absurde de situer la critique sceptique comme une approche causale non assumée de l’astrologie, quand la question du vrai et du faux se limite… à celle du faux. En effet, les inconséquences méthodologiques de l’astrologie sont incontestables, mais la critique n’est que rarement accompagnée de stratégies visant à dépasser les obstacles qu’elle signale. On n’envisage d’ailleurs même pas que les critiques puissent être dépassées. Or, la critique « de l’astrologie » se limite trop souvent à celle de la croyance astrologique, d’où ses limites et sa dépendance au discours des astrologues (par effet de miroir). Non familier des techniques astrologiques, le critique a bien du mal à entrer dans le détail, et reste régulièrement à la surface des choses, d’où sa difficulté à convaincre au-delà des cercles déjà convaincus... ou de produire un discours comme celui que nous proposons ici.

 

Il nous reste à parler des universitaires, bien peu nombreux, qui donnent leur avis sur la question astrologique. Un universitaire traitant de la question a d’abord bien du mal à trouver des textes astrologiques contemporains un peu élaborés ; parfois il s’excuse même encore de son intérêt pour la chose et assure de sa complète non adhésion à la croyance dans l’influence des astres ! Autrement dit, toute étude de l’astrologie sortant de la question du faux est difficile, voire systématiquement suspecte puisque l’on attend qu’elle relève des astrologues. Les universitaires sont donc les grands absents de la question astrologique, au point que les références en la matière sont encore d’excellents travaux de la fin des années 60 et 702 ! Mais il faut dire aussi que la compétence astrologique n’existe pas à l’université (la compétence technique qui permettrait d’aller plus loin exige un minimum de pratique…) et le sujet est brûlant d’actualité, d’où un filtre permanent pour des travaux comme les nôtres. Seuls quelques sociologues s’intéressent encore au problème, et de loin, ou quelque spécialistes de l’ésotérisme. Il y a sinon l’historien qui peut toucher à l’astrologie, mais d’une autre époque. Or, il limite en général son travail à une période (il n’existe pas en langue française « d’histoire de l’astrologie » non écrite par un astrologue…), et il insiste avec plus ou moins de bonheur sur l’articulation du discours à partir de l’articulation des fondements propres à telle ou telle époque. Mais la question de la pratique est bien moins évidente à aborder, car si celle de l’astrologie contemporaine n’est déjà pas évidente, on imagine ce qu’il peut en être de l’astrologie de l’Antiquité (concepts, précision, paramètres et méthodes de calculs différents) ! Or, une familiarité avec la pratique de l’astrologie contemporaine pourrait éclairer certains anciens textes (ce en quoi ils n’en sont pas par exemple). Mais le chercheur ne peut pas moralement, intellectuellement, et faute de temps, s’autoriser à « faire de l’astrologie » bien que cela lui bouche un champ d’analyses non négligeable. Or, l’astrologue ne décrit jamais vraiment ses procédures de recherche qui l’on mené aux conclusions qui sont les siennes. Certes il définit géométriquement ses outils, il donne ses jugements astrologiques et ses « résultats » (en faisant la part belle aux cas favorables, sans donner ceux qu’il a mis de côté), mais il explique bien plus rarement ses doutes vis à vis de ses outils. C’est en cela que notre travail de déconstruction des pratiques astrologiques en mettant en avant la question de la complexité du système astrologique sont absolument innovantes. Il devient possible de penser la pratique de l’astrologie hors de tout critère métaphysique.

 

Les astronomes et astrophysiciens, bien sûr, ont une place royale aux yeux des journalistes. Ils connaissent le ciel, font autorité dans le monde scientifique dans ce domaine, et ont en général un avis sur l’astrologie. C’est pourquoi il est courant de les voir interviewés sur un sujet qui pourtant, fait appel à bien d’autres connaissances pour que l’on puisse donner un avis global. L’histoire des sciences n’est pas toujours par exemple, maîtrisée par l’astronome, celle-ci faisant appel des connaissances épistémologiques et plus généralement philosophiques (les systèmes de pensée varient d’une époque à l’autre), et quelle est sa connaissance des pratiques astrologiques ? L’astronome n’a en général aucune idée des débats existant dans le milieu astrologique, et les fondements sont si nombreux pour l’astrologie qu’il ne les connaît pas et en reste souvent à la réfutation de l’hypothèse de la gravitation ou du rayonnement. On rappellera tout de même qu’aucun astrologue ne fonde quoi que ce soit sur de telles hypothèses, ce qui est assez irréaliste pour une critique censée être pertinente… Jamais d’ailleurs un astrophysicien ne prendra le temps de critiquer la seule théorie causale existant en astrologie depuis les années 70, la théorie conditionaliste, proposant une causalité d’origine… photopériodique ! Quel astronome (à part les rares qui ont vraiment approfondi leur regard critique) irait imaginer cela ? C’est pourquoi il n’échappe pas toujours à la caricature des problématiques et donne l’impression au grand public que l’astrologie se fonde sur des explications gravitationnelles ou de rayonnements alors que ce n’est pas le cas. Peut-être est-ce du au fameux (mauvais) argument des marées dépendant des positions de la Lune, qui n’est que rhétorique et ne fonde rien du tout en astrologie. On a même vu en janvier 2011, les propos d’un astronome américain amplifiés par les médias et faisant le buzz (inutilement) dans le monde entier… Certains arguments sur les origines de l’astronomie étaient même erronés, mais ce sont là des dérives naturelles pour un milieu où aucune autorité en matière de discours rationnel portant sur l’astrologie, ne se dégage clairement.

 

Puisque les profils des astrologues sont si nombreux et variés, tout comme leurs discours et leurs pratiques non assurés par des fondements et des méthodes rationnelles, doit-on s’étonner que les critiques de l’astrologie soient à l’image de cette diversité ? Mais toutes les critiques sont-elles bien valables ? Les critiques sont-ils toujours d’accord entre eux ? Des critères impersonnels permettent-ils de trier entre les bonnes et mauvaises critiques de l’astrologie ? Autant de questions évoquées dans la 2ème partie de ce dossier : le prisme médiatique de l’astrologie, que l’on décrira dans la 3ème partie de ce dossier, trouve l’une de ses composantes dans le prisme critique.

 

2ème partie : Le prisme médiatique de la critique de l'astrologie

 

Serge BRET-MOREL
Mis en ligne le 13 février 2011

 

1. Verdet Une histoire de l’astronomie, p16, 1990, Points Sciences

2. Gérard Simon (Kepler astronome astrologue en Histoire des sciences (1979), Edgar Morin en Sociologie (Le retour des astrologues, une enquête diagnostic, fin des années 60, réédité et complété au début des années 80 in La croyance astrologique moderne, diagnostic sociologique)