Serge BRET-MOREL

L’ASTROLOGIE face à ELLE-MEME

PROLOGUE à une RENOVATION de la CRITIQUE de l’ASTROLOGIE

 

Rationalis

 

   Accueil > Rationalis > L'astrologie et la science > La question expérimentale > L'astrologie est-elle expérimentable n'importe comment ? Introduction

 

 

L'astrologie est-elle expérimentable n'importe comment ?

 

DOSSIER

L’astrologie est-elle expérimentable ? (10-04-2010)

L’astrologie est-elle expérimentable n’importe comment ?

- Introduction (09-06-2010)

- Réflexions sceptiques et réflexions causales sur les conditions d’observation d’une potentielle causalité astrologique (17-06-2010)

- Expérimentation sceptique et expérimentation causale sur une potentielle causalité astrologique (à venir)

Des expérimentations bien gênantes… (à venir)

 

Introduction

 

Rappelons pour commencer que ce nouveau dossier est à considérer parallèlement à celui consacré au numéro spécial publié par l’AFIS Science et pseudo-sciences N°287 : le chant du cygne de la critique traditionnelle (de l’astrologie) ? en cours de publication depuis la fin janvier 2010. Dans l’introduction de ce dossier nous commenterons en effet un article de JP Krivine relatant les résultats de quelques expérimentations sur l’astrologie, lesquelles devraient jeter le doute jusque dans les rangs de ses défenseurs. Nous nous y attaquerons dans la partie suivante de ce dossier, des expérimentations bien gênantes, faisant ainsi le lien avec notre commentaire sur le numéro spécial de la revue de l’AFIS paru à l’été 2009. Avant cela nous aimerions montrer, en développant de nombreux questionnements causals sur l’astrologie, que l’approche sceptique traditionnelle de la question expérimentale sur l’astrologie n’est peut-être pas si dirimante qu’elle le pense…

 

 

Partie 1

L’astrologie est-elle expérimentable ?

 

 

Nous avons tenté, dans la première partie de ce dossier, de répondre aux arguments astrologiques alimentant l’idée selon laquelle l’astrologie ne serait pas testable expérimentalement. Nous espérons avoir montré que l’aspect qualitatif de l’astrologie, ou ses prétentions spirituelles et psychologiques, n’étaient pas des arguments dirimants. Qu’ils pouvaient être contournés assez facilement aussi, ne serait-ce qu’à travers l’autre composante (quantitative, technique) de l’astrologie, à laquelle les praticiens accordent tant d’importance.

Dans cette deuxième partie, nous allons nous demander en quoi du point de vue inverse (sceptique, voire scientifique), l’expérimentation sur l’astrologie est moins aisée qu’elle peut en avoir l’air. Nous en profiterons pour mettre à jour quelques présupposés expérimentaux bien légers vis-à-vis d’expérimentations qui se voudraient « scientifiques »… C’est pourquoi il sera naturel de se demander quelles peuvent être vraiment les prétentions de ces expérimentations. Souhaitent-elles démontrer que les prétentions de la croyance astrologique sont erronées ou bien qu’il n’y a « pas » de phénomène à l’origine des croyances et pratiques astrologiques (ou « probablement » pas, l’impossibilité étant ici épistémologiquement incorrecte) ? Car force est de constater que la critique, en général, ne prend pas le temps de distinguer entre ces deux approches : si l’astrologie ne dit que des bêtises c’est parce qu’il n’y a rien derrière, un point c’est tout… Si le système astrologique était simple, ce serait effectivement vrai.

La question du modèle à tester pourtant, ne devrait pas être anodine, étant l’un des fondements mêmes de l’expérimentation, celui qui permet notamment de définir l’étendue des conséquences, des implications du test. Et puis, si la plupart des expérimentations en restent au test des prétentions de la croyance astrologique sans pouvoir prétendre aller plus loin, n’est-ce pas d’abord parce que la critique de l’astrologie est un peu une forme d’approche causale non assumée ? Contrairement à elle, nous commencerons donc à proposer quelques précautions causales à notre avis préalables à toute expérimentation sur l’astrologie. Nous serons donc amenés à proposer aussi quelques interrogations sur la possibilité d’un phénomène astrologique d’origine causal en gardant bien à l’esprit que la question du modèle est d’abord théorique. Mais nous avons déjà distingué la question de l’astrologie de la preuve de celle de l’astrologie de la consultation. Une approche causale « assumée » de l’astrologie est donc une approche qui ne se limite pas à la critique pure et dure, mais qui s’exerce parallèlement à des propositions d’alternatives, de remarques constructives, même si déstructurantes.

Sans ces précautions imposant finalement de faire le lien entre l’expérimentation et une certaine pratique de l’astrologie qui ne serait plus conçue de façon aussi simpliste, comment s’étonner que la communauté astrologique ne se sente pas concernée spontanément par ces résultats expérimentaux ? Que ces expérimentations n’aient pas de conséquences directes ou indirectes sur ses pratiques ? La mauvaise foi est-elle vraiment la seule explication ? Peut-être qu’après ces quelques considérations, certains commenceront à s’interroger sur leurs propres prétentions, leurs habitudes…

 

Au début de la 1ère partie de ce dossier, nous avions présenté les arguments astrologiques que nous allions discuter. Voici maintenant quelques présupposés tacites des expérimentations sur l’astrologie dont nous allons traiter :

 

Réflexions sceptiques et réflexions causales

sur les conditions d’observation d’une potentielle causalité astrologique

 

Présupposés traditionnels à bousculer

 

La pratique de l’astrologie est désacralisée

Présupposés tacites

- Les astres agissent directement sur les hommes ou n’agissent pas

- Expérience et expérimentation : l’outil astrologique n’est pas trompeur, l’astrologue ne peut pas s’y noyer

- Il n’y a pas de surrationalisation du réel : tous les paramètres astrologiques (ou une grande partie) revendiqués par les astrologues ont une influence réelle ou n’en ont pas du tout

- Tous les individus sont « égaux » devant l’influence astrologique supposée

- Les astres prédéterminent plus qu’ils n’influencent

- Aucun modèle causal préalable n’est nécessaire pour tester la possibilité d’un potentiel phénomène astrologique

 

Le déterminisme astrologique supposé est un méta déterminisme

Présupposés tacites

- Le potentiel déterminisme astrologique n’est pas un déterminisme parmi d’autres, il ne peut pas être inhibé ou favorisé par l’environnement de l’individu

- Le potentiel déterminisme astrologique est fort et simple

- Les potentiels déterminismes astrologiques ne sont pas en concurrence les uns avec les autres

- Un éventuel phénomène astrologique prédétermine, il n’est pas impersonnel

 

Expérimentation sceptique et expérimentation causale

sur une potentielle causalité astrologique

 

L’astrologie est simple

Présupposés tacites

- L’astrologie ne peut formuler que des énoncés vagues

- Expérimentalement, tous les thèmes astrologiques se valent, que les paramètres astrologiques y soient « convergents » ou non.

- Le système astrologique n’est pas assez complexe pour produire des biais pratiques qui pourraient devenir biais expérimentaux

- Les horoscopes de presse sont représentatifs de la tradition astrologique, notamment de sa pratique

- Les rédacteurs d’horoscopes de presse sont représentatifs des « meilleurs astrologues »

- On nie toute compétence scientifique et théorique à l’astrologue, mais il pourrait être tout de même un référant sérieux pour une expérimentation scientifique sur l’astrologie.

- L’examen statistique et la présence de scientifiques garantissent le caractère scientifique de l’expérimentation

- Malgré les mêmes présupposés, les astrologues auraient tout de même fait le tour du scientifiquement possible

- Les expérimentateurs ont une vision juste de l’astrologie

- Le hasard ne peut pas tromper l’expérimentateur

 

 

Suite :

Réflexions sceptiques et réflexions causales

sur les conditions d’observation d’une potentielle causalité astrologique

1ère Partie

 

Serge BRET-MOREL
Mis en ligne le 9 juin 2010