Serge BRET-MOREL

L’ASTROLOGIE face à ELLE-MEME

PROLOGUE à une RENOVATION de la CRITIQUE de l’ASTROLOGIE

 

Rationalis

 

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Science et pseudo-sciences N°287 (07-2009)

Le chant du cygne

de la critique traditionnelle ?

 

Quant à l’objectivité de cette critique de l’AFIS

 

1ère partie : Quant à l'orientation de la critique (28-01-2010)

Un manque d’ambition ?

Sur la portée de la critique

Quelques omissions de la critique

La victimisation du critique

Une diabolisation opportune

2ème partie : Quant au caractère réchauffé de la critique (13-02-2010)

            Un numéro de 2009… millésimé 2000 ?

            Des articles non mis à jour

L’inqualifiable oubli concernant la citation d’Einstein

Quand le monde astrologique critique l’astrologie boursière

Pluton a-t-elle bien été déclassée ?

L’affaire Teissier : une tempête dans un verre d’eau ?

Quelques réécritures historiques à la sauce critique

Intermède : Elizabeth Teissier réagit à ce texte (05-03-2010)

3ème partie : Quant aux limites de la critique

Conclusions

 

Intermède : Elizabeth Teissier réagit à ce texte

 

Elizabeth Teissier nous a écrit pour réagir de façon inattendue à notre commentaire, et par la même occasion, donner une opinion générale sur notre travail à partir des quelques lignes (ou pages) qu’elle a eu le temps de parcourir… Malgré ce raccourci méthodologique que chacun appréciera, celle-ci nous proposant de publier ses arguments sur notre site, nous le faisons bien volontiers. En effet, il faut que chacun comprenne que nous ne visons pas à présenter longuement nos opinions par le biais du net, mais bien à discuter objectivement des idées sur l’astrologie, ses croyances, et ses pratiques.

L’argumentation de Mme Teissier (présentée plus bas) est à notre sens déjà « traditionnelle » dans le sens où, sans ironie ni mépris, elle représente pour nous une certaine astrologie de la fin du 20ème siècle avec laquelle il faut bien dire que nous souhaitons rompre. C’est pourquoi nous sommes au contraire heureux de pouvoir en débattre car ses arguments méritent d'exister et d'être discutés. Nous autorisons donc celle-ci à reproduire nos échanges sur son site (comme elle le propose déjà) aux seules conditions que figurent de façons explicite et bien visible, à la fois notre signature et les liens internet vers les pages des textes qu’elle citerait ou auxquels elle se référerait. Car nous serions bien malhonnêtes de ne pas accepter la critique quand notre site est consacré justement à une rénovation de la critique de l’astrologie.

Mais « la critique » est à ne pas confondre avec « l’énoncé d’opinions contraires », les attaques personnelles, ou même l’induction (en général ratée) sur les intentions de l’interlocuteur. Tout cela ne relève pas en effet, d’une critique visant une certaine objectivité, mais plutôt à une forme de plaidoirie, du prosélytisme, voire de l’exutoire où l’invective gratuite et l’opinion, l’induction, le préjugé, ont autant d’importance (et même plus) que les idées et les faits. Ce qui est gravissime.

Le mail de Mme Teissier (23-02-2010) commence ainsi.

ON BRULE CE QU’ON A ADORE ?

Cher Ami (?) Gémeaux- si ma mémoire est bonne !

Non Verseau, mais peut-être vous rappelez-vous surtout de mon amas en maison III (maison des Gémeaux) ?

Il y a quelques jours, ma fille m'a transmis un mail de votre part. Merci pour cette concession à vos "anciennes amours"! J'avais en effet gardé un excellent souvenir de vos épîtres d'antan, lorsque vous aviez la perspicacité, la candeur -et la bonne foi- des néophytes intelligents. 

Intelligence plus familière depuis, avec l’histoire des sciences et l’épistémologie… Mais parlez-vous ici des 25p de ma critique des horoscopes de presse que vous aviez reçues de ma part en 2003 ? Ou bien de mon courrier que vous citez dans votre thèse1 comme emblème des courriers des étudiants ? Car vis-à-vis des considérations présentes dans celui-ci, je suis heureusement allé un peu plus loin depuis… Quant à ma bonne foi, depuis quand un regard autocritique sur l’astrologie est-il nécessairement de mauvaise foi ? Défendre l’astrologie en ne mettant en avant que certains de ses « bons » côtés ou ne la critiquer qu’en faisant l’énumération de ses contractions, ce sont là deux approches que je conteste aujourd’hui de façon identique. Si la bonne foi consiste en un gigantesque déni de tout ce qui ne va pas « en astrologie », alors oui je dois être de mauvaise foi…

J'ai découvert avec stupéfaction que vous étiez devenu un transfuge de l'Art royal des astres en "passant à l'ennemi", à savoir l'AFIS et SCIENCES ET PSEUDO-SCIENCES, ce torchon et ramassis d'aboiements récurrents contre mon (notre?) art. Ils me persécutent et me calomnient/salissent depuis quelque trois décennies, les uns sur WIKIPEDIA, les autres numéro après numéro- je reçois ces déjections par l'ARGUS et les jette systématiquement au panier, considérant leur contenu comme de la pure pollution mentale. 

Je comprends les affects qui sont les vôtres, suite aux combats des 35 dernières années que vous avez menés et le traitement que vous avez subi, mais je crois que cela altère maintenant votre jugement concernant « la critique » en général et que vous faites fausse route avec moi pour cette raison. Pardonnez-moi donc d'abord de ne pas vous suivre dans l'invective, les sous-entendus, et dans la liste de tous les reproches que j'aurais à vous faire, car cela empêcherait de fait toute discussion. Or pour moi, les discussions sur l’astrologie passent avant nos affaires d’ego. Il reste que « l’Art royal des astres » pour tenter une prédiction indirecte sur le résultat de l’Euro 2008 de football par exemple ou faire des commentaires hebdomadaires vagues non pas sur la vie des gens, mais sur la vie de 36 individus imaginaires… vous pouvez imaginer ce que j’en pense.

Vous savez, mes intentions sont bcp plus sincères qu'il peut y paraître, et beaucoup moins empruntes d'affects que celles de la plupart des acteurs des débats habituels (ce qui m'empêche de figurer pleinement dans l'un ou l'autre des 2 camps du pour et du contre). Mon passage en Philosophie m'a fait prendre de la distance avec cette conviction qui était la mienne, et aussi désacraliser la notion même de critique : comme je vous l’ai écrit il y a quelques jours, il n'y a pas besoin de haïr, ni mépriser, pour porter un jugement critique, il n'y a pas besoin non plus d'aimer pour défendre. Qui aime bien châtie bien, dit-on aussi... Il faut seulement ne pas confondre la critique et l'analyse rationnelle. Je crains donc que vous ne soyez trop engagée dans vos combats personnels pour mesurer spontanément l'intérêt de cette approche, ou la partie intéressante du travail de l’AFIS pour laquelle il ne faut pas non plus jeter le bébé avec l’eau du bain...

Un transfuge de l’AFIS moi, ah oui ? Mais vous me l’apprenez, n’étant pas membre de l’AFIS, et portant un jugement très négatif sur leur numéro spécial anti-astrologie... Qu’ils vous persécutent depuis longtemps, c’est ce que j’ai justement suggéré, mais ont-ils tort à 100 % ? Que certaines de leurs analyses vous concernant tombent à côté c’est bien vrai (comme d’autres des zététiques dont nous avons déjà parlé ici en montrant qu’il manquait un volet technique à leurs arguments pour permettre une explication moins orientée de ce qu’ils vous reprochaient). Mais qu’ils tombent toujours à côté en ce qui vous concerne, non, comme nous en avons discuté ici à propos de votre interprétation concernant l’euro 2008 de football, laquelle reste toujours incompréhensible de la part d’une personne se réclamant d’un titre de docteur de l’université, mais aussi de dizaines d’années d’expérience en matières d’interprétation astrologique et de contact avec les médias !

Vous jugeant trop fin pour ne pas avoir détecté leur mauvaise foi systématique et leur agressivité permanente, je reste médusée de constater que vous leur faites beaucoup d'honneur en polémiquant comme si ces gens étaient honnêtes intellectuellement. Vous me décevez donc énormément...

Ma naïveté peut-être, m’oblige à envisager la sincérité de la critique sceptique autant que la vôtre. En effet, vous avez tous comme point commun de considérer que vos arguments ont acquis maintenant la force de l’évidence, comme si les uns et les autres étiez arrivés à vos fins (vous voyez le paradoxe ?). Je maintiens pourtant que non, et fais de mon travail le contre-exemple flagrant de ces mauvaises habitudes prises par les acteurs traditionnels des débats sur l’astrologie. Je suis plutôt convaincu que l’incompétence technique des sceptiques de l’AFIS tout comme le peu de temps qu’ils consacrent à l’analyse critique de l’astrologie, expliquent très bien leurs approximations et leurs contresens. Tout comme une certaine familiarité avec l’usage de la raison leur permet de tomber juste ponctuellement ou dans les cas les plus évidents. De votre côté, il me semble aussi qu’un manque de familiarité avec les mathématiques et la physique, voire la philosophie, notamment à propos de la notion de hasard (qui diffère de celle de contingence), vous empêche d’intégrer naturellement la notion d’erreur à vos activités. Et donc certaines critiques. Que l’erreur soit humaine ou que « même la Science puisse se tromper » personne ne le nie, mais ce n’est pas là le problème : la véritable question est de savoir si l’on peut quantifier cette erreur.

A moins que cela ne soit qu'un effet de votre stratégie, celle du cheval de Troie? Alors, attention, veillez à ne pas trahir l'art que vous voudriez (?) défendre, en jetant le bébé avec l'eau du bain, comme disait Kepler!

Vu comme mon site est indiqué sur différents forums tant sceptiques qu’astrologiques, ou même au bas de mes articles présents sur le site de la FDAF, cette « stratégie du cheval de Troie » serait bien maladroite si elle était vraie… Vous ne semblez pas non plus avoir compris l’évolution de ma démarche. S’il y a quelques années ma quête était encore naïve à vouloir trop défendre et même prouver scientifiquement l’astrologie (sans tenir compte vraiment de la critique sceptique), il se trouve que depuis mes quelques années en Philosophie, je me suis petit à petit tourné vers l’élaboration d’une représentation bien plus globale de la croyance astrologique. En m’attaquant notamment à la question de l’erreur en astrologie, et donc à l’analyse de la critique de l’astrologie. C’est pourquoi je vise moins aujourd’hui à « défendre » l’astrologie qu’à la penser. Et le philosophe sait que dans cette entreprise il lui faut laisser de côté certains affects, au risque de nager justement dans la conviction et la simple plaidoirie. A votre avis, quand Kepler rejette la plupart des paramètres astrologiques que vous utilisez aujourd’hui (12 signes égaux, maisons, dominations, triplicités) jette-t-il le bébé avec l’eau du bain ? Si non, alors vous pouvez comprendre pourquoi les critiques que je formule sur mon site sont pour moi NECESSAIRES, et non l’expression d’un esprit borgne ou plein de rancœurs envers l’astrologie. Que mes critiques soient nombreuses, dérangeantes, voire blessantes, n’est pas le problème ici, ce n’est que la conséquence naturelle de l’absence de véritable autocritique dans le milieu astrologique depuis toujours. Question de… sincérité.

A propos, celui-ci, je ne vous l'apprends pas, j'espère, FAISAIT DES PREVISIONS CHAQUE ANNEE via un ALMANACH (cf. votre affirmation sur les "bêtises horoscopiques" qui ne remonteraient qu'à cent ans...

Il se trouve justement que mes mémoires de Maîtrise (Philosophie) et de Master 2ème année (Histoire et philosophie des sciences) ont justement été consacrés à Kepler, vous pensez donc bien que je connais le sujet… Pourquoi alors, écris-je donc ces lignes ? Pour toutes les raisons développées dans mes articles Kepler rédigeait-il des horoscopes ? et Sur l’origine, l’apparition, le succès et quelques contradictions des horoscopes de presse reprenant quelques références présentes dans l’étude dirigée par Morin. Vous semblez ainsi oublier ou négliger les différentes acceptions du terme « horoscope » : ascendant il y a quelques milliers d’années, puis carte du ciel au moment de la naissance (terme encore en vogue dans le monde astrologique contemporain) et enfin prédiction collective cyclique depuis moins d’une centaine d’années. Or, les prédictions kepleriennes formulées par exemple fin 1601 pour l’année 1602 présentées ci-dessus, comme dans tous les almanachs, sont des prévisions-prédictions de type astrologie mondiale, elles n’ont donc rien de personnel comme ce que proposent (ou laissent croire) les « horoscopes ». Mieux, Kepler précise qu’il va se consacrer à cette tâche uniquement parce qu’elle est l’une des obligations de sa nouvelle fonction d’astronome impérial. Il est donc anachronique et en tout cas objet de confusion de laisser encore sous-entendre qu’il rédigeait des horoscopes : sur combien de forums m’a-t-on écrit que Kepler rédigeait des horoscopes à la petite semaine ? Mais non enfin ! Cette pratique désuète et contraire à tous les principes de prudence de la consultation astrologique est certes devenue l’étendard actuel de l’astrologie médiatique, une mode, mais ne la faites pas, svp, remonter à plus de 100 ans. Ou alors, soyez consciente des contresens qui en découlent dans l’esprit des lecteurs, et notamment de vos futurs détracteurs. Pourquoi pensez-vous que bien des sceptiques refusent l’idée d’un Kepler astrologue sinon parce qu’ils ne peuvent pas l’imaginer en train de s’autoriser déontologiquement à la rédaction de « l’horoscope » du jour pour un douzième de la population mondiale ???

Et en ce qui concerne ces dernières, retenez que les astrologues qui n'en écrivent pas n'en ont jamais eu l'opportunité, sinon ils auraient accepté (cf. la fable des raisins trop verts),

J’en connais suffisamment au contraire (et vous aussi), des renommés dans le milieu astrologique, qui ont refusé de le faire pour raisons déontologiques… je conteste donc votre affirmation, valable peut-être auprès d’un sceptique ou d’un journaliste bien incapable de vérifier la moindre source astrologique, mais pas auprès de celui qui connaît le milieu astrologique. Combien de théoriciens de l’astrologie rédigent ces horoscopes selon vous ? Et si certains y cédaient dans le secret pour raisons financières, pourquoi le font-ils alors sous un faux nom ?

que cela n'est pas déchoir, mais un exercice honorable -et pas facile si bien fait!- et, enfin, un exercice qui interpelle nombre de lecteurs, suscitant même des vocations (j'en ai de nombreux exemples). C'est la pointe de l'iceberg (dont il faut simplement annoncer les limites) d'un système complexe.

Et bien si, je considère que proposer un jeu astrologique tel que l’horoscope quotidien c’est déchoir, c’est aussi faire fi de toute prudence, c’est donner la parole au hasard, c’est aller aussi contre tous les principes déontologiques de la consultation astrologique (dans laquelle vous n’annoncez pas tout à n’importe qui). L’horoscope n’est pas seulement une simplification, mais aussi une caricature technique de la pratique astrologique. Il est enfin superstitieux et irresponsable de croire que l’on peut dire autant et à partir de si peu sur la journée d’un douzième de la population mondiale. Car c’est laisser croire à tout un chacun que l’astrologie est autiste au point de croire au tout astrologique, c'est-à-dire la possibilité de prédire autant sans connaître quoi que ce soit de la situation réelle de l’individu concerné ni les configurations astrologiques contraires à l’interprétation mais auxquelles on ne peut pas avoir accès. Ce n’est donc pas une question de « limite de l’exercice », mais bien une question d’impossibilité. C’est donc faire grand mal à l’astrologie, et quotidiennement, que de participer à l’omniprésence médiatique de ces bêtises, et je maintiens ce mot.

Que vous fassiez chaque jour une belle œuvre de pensée créative par le biais des horoscopes, oui bien sûr, je ne le nierai pas car je connais les problèmes techniques qui se posent à vous (et même ceux qui rendent caduques a priori ces prédictions). Mais de là à défendre cette activité poétique, artistique, comme donnant accès à la réalité des individus non, je ne suis pas d’accord. Pire, comme je l’ai déjà écrit dans la catégorie Mediatica de mon site, je pense que c’est tirer vers le bas le niveau de l’astrologie et son image dans la conscience collective. En effet, c’est à la fois attirer vers l’astrologie un certain public non pas croyant, mais très superstitieux (les futurs rédacteurs d’horoscopes par exemple qui accepteront ce que ceux qu’ils admirent auraient refusé). Mais aussi poser jour après jour un répulsif permanent pour les meilleurs esprits qui, épouvantés par ces bêtises manifestant si peu de prudence et si peu d’humilité, ne peuvent qu’être détournés de la question astrologique avant même qu’ils ne s’y intéressent. Ainsi, et je vous pose la question : parmi les millions de lecteurs, qu’il y en ait quelques uns qui se découvrent des vocations, certes, mais parallèlement à cela, combien de milliers de beaux esprits ratent cette vocation à cause de vous et des autres rédacteurs d’horoscopes en s’en allant vers la critique ??? Ne vous êtes-vous vraiment jamais posé la question de la sorte !? Quelle victoire à la Pyrrhus ! Pour cette seule raison il faudrait arrêter les horoscopes de presse.

Le pb, c'est que sa qualité laisse souvent à désirer- j'ai longuement analysé cette tautologie socio-médiatique dans ma thèse (mépris des journaux> laxisme/défaitisme des astrologues> critiques (justifiées pour la plupart).

Je n’ai pas trouvé dans votre thèse, le point de vue que je viens de développer ci-dessus… et cela m’a beaucoup manqué comme à bien d’autres lecteurs j’imagine.

J'ai parcouru votre texte- hélas, trop pléthorique et chronophage, désolée!- et je déplore de ne pas disposer du temps nécessaire pour répondre à vos arguments.

Pas autant que moi. Mais vous savez, je maintiens aussi que l’astrologie et son système sont si complexes qu’il y a encore beaucoup à dire et à faire sur ce sujet, et qu’il ne faut pas en rester à des textes trop simples. Et faute de financement, tout cela ne peut qu’avancer très lentement et laisser l’impression d’une approche purement sceptique… mais ce n’est qu’une apparence. A combien d’entre vous, astrologues médiatiques, ai-je écrit à propos de ces projets de recherche qui nécessiteraient des financements ? Pourquoi les astrologues ne sont-ils pas prêts à votre avis, même les plus riches, à financer des travaux universitaires, sinon parce qu’ils en sont toujours à la défense de leurs croyances, au refus de l’objectivité, risquée, mais salutaire ?

Je me contenterai donc de qques observations: 

-"Un examen critique venant de l'intérieur", vous dites avoir "pratiqué naguère l'astro, être familier des ses pratiques": excusez-moi, mais cela NE SUFFIT PAS! QUELLES SONT VOS FAITS D'ARMES? VOS QUALIFICATIONS?

C’est là l’occasion de rappeler ma conception de la théorie de l’astrologie. Une telle théorie viserait à lier les fondements à la pratique de l’astrologie. Or aujourd’hui, ceci n’existe pas ! Les fondements et la pratique sont indépendants, voire indirectement liés non dans une optique théorique, mais dans une optique métaphysique, voire sociologique : qu’est-ce qui fonde les signes, les maisons, les aspects ??? Rien du tout. On ne peut que disserter sur le « meilleur » sens à leur attribuer et aux applications pratiques qu’ils permettent à l’astrologue. Mais ces façons de faire sont d’un autre âge, elles sont propres à une discipline se limitant à un savoir-faire, pas visant au statut de science ! Quels sont mes faits d’armes ? L’ensemble des textes présents sur mon site, vous avez donc de quoi faire… et en particulier ceux présentés dans la catégorie Rationalis, sur les fondements traditionnels de l’astrologie. Et je vous oppose la même question : QUELS SONT VOS FAITS D’ARMES DANS LA THEORIE DE L’ASTROLOGIE, CE QUI INCLUT DONC L’AUTOCRITIQUE ?

Comme vous le rappelez ici indirectement, l’astrologue est traditionnellement un praticien, non un théoricien, c’est pourquoi à mon manque de pratique (en comparaison de votre expérience en la matière) j’oppose votre manque de théorie (pas seulement à vous, mais à (presque) tout le monde astrologique). Ce qui se retrouve tant dans les durs commentaires sur le contenu de votre thèse que dans l’impossibilité d’intégrer la question du hasard dans la pratique de l’astrologie ou encore l’incapacité à répondre vraiment à la critique sceptique. En reconnaissant notamment que certaines critiques à votre égard sont valables. Pas toutes les critiques bien sûr, mais certaines d’entre elles. Un véritable Mea Culpa, localisé, de votre part serait d’ailleurs le bienvenu, serait tout à votre honneur, et ferait un grand-bruit médiatique. C’est là un premier point : le système astrologique, de par sa complexité et sa nature purement mathématique, génère du hasard, mais personne ou presque dans le monde astrologique, n’accepte l’idée que l’outil astrologique peut aussi tromper son utilisateur.

VOS PREVISIONS AVEREES (le fruit, l'effet concret de notre art, fondamental et incontournable ds sa pratique, nonobstant les déviances pseudo-scientifiques et pusillanimes d'une FDAF, que vous semblez apprécier/soutenir et dont je n'ai pas toujours apprécié les méthodes/critiques à mon égard, aux motivations troubles. Même si DE CHIVRE m'a félicitée après mon doctorat... Car LA PREVISION EST UN MUST, COROLLAIRE IN TRINSEQUE DU SAVOIR ASTROLOGIQUE- André Barbault le chante haut et fort, lui aussi- et ce n'est pas le dernier des ignares en astro, ni un charlatan opportuniste, que je sache?

Pour le second point, à savoir la place et la vocation de la prévision-prédiction dans l’astrologie, je considère comme bien d’autres qu’elle a encore à faire ses preuves et que bien des « succès » peuvent s’expliquer par la chance et aussi des considérations a posteriori. Il me semble ainsi plus que révélateur que l’astrologue ne cherche pas à connaître la probabilité de chacune de ses prévisions-prédictions, ou pire, qu’il refuse de le faire ou de participer au financement d’un travail qui permettrait justement de développer ce point afin qu’il cesse de prévoir n’importe comment. Un exemple ? Le résultat du 2nd tour de la dernière présidentielle avec une probabilité comparable à celle d’un pile ou face, soit près de 50%, comme l’annonçaient tous les sondages une fois connu le résultat du premier tour. Quel est l’intérêt de prévoir à pile ou face sinon de ridiculiser son art ? De même pour la prédiction avant le premier tour en toute connaissance des sondages (exemple avec Delors). Le sens n’immunise pas contre le hasard…

Vous citez enfin Barbault, ceci va être l’occasion de rappeler un texte publié dans le bulletin de la FDAF au printemps 2008 et rappelant quelques problèmes méthodologiques relatifs à l’astrologie mondiale. André Barbault défendait la prévision un peu comme vous le faites, c'est-à-dire sans en chercher vraiment ses limites techniques ou… théoriques. Or, une théorie de l’astrologie mondiale, à savoir celle qui tente de décrypter le sens des événements qui ont marqué l’histoire par l’intermédiaire des astres, se heurte à bien des critiques. L’une d’entre elles est celle qui consiste à interpréter une configuration astrologique (ou une série) parmi d’autres possibles sans prendre le temps d’établir au préalable les listes 1) de toutes les configurations astrologiques de même famille, 2) de tous les événements qui correspondent à la symbolique concernée. Pourtant, ceci permettrait de voir vraiment à la fois le (grand) nombre, et la répartition des dites configurations et événements dans le temps. Cela permettrait alors une comparaison fort utile AVANT toute interprétation astrologique, car l’astrologue autant que le scientifique, peut être victime du hasard et donc, de la complexité du système astrologique.

Une autre critique de la prévision est celle que j’avais tirée d’un livre d’historien, et qui présente d’un point de vue théorique donc (et pas métaphysique ou même astrologique), un problème de fond que posent pour l’historien, les périodisations historiques. On pourrait croire qu’il a été écrit à l’intention des astrologues mondialistes… Je vous laisse le découvrir. A propos de la construction historique du temps : l’Histoire ne peut donc se passer de périodisation. Pourtant les périodes ont mauvaise réputation dans la profession. (…) la période fait problème. Au vrai il s’agit de la période toute faite, refroidie (…) non de la périodisation vive. L’action de périodiser est unanimement légitime et aucun historien ne peut s’en passer. Mais le résultat devient pour le moins suspect. La période prend l’allure d’un cadre arbitraire et contraignant, d’un carcan qui déforme la réalité. C’est qu’une fois l’objet historique « période » construit, il fonctionne inévitablement de façon autonome. « La création devient concrétion ». (…) [mais] l’exposé didactique (…) donne aux périodes une sorte d’évidence qu’elles ne comportent pas.2

Le problème n’est donc pas seulement de savoir si l’astrologie permet de donner ou de retrouver un sens dans les événements de l’Histoire, mais aussi dans quelle mesure elle les déforme. L’astrologie mondiale, et l’astrologie en général, est-elle d’abord une science des correspondances ou une science des mises en correspondances ? Voilà un beau sujet de réflexion ! Et à ce propos, les résultats prévisionnels de Barbault comme les vôtres ne permettent pas de sauver la prévision-prédiction… Qu’elle fût longtemps l’exercice naturel de l’astrologue je ne le nie pas, mais que celui-ci continue aujourd’hui de prédire sans prévoir son risque d’erreur alors que les lois du hasard sont maintenant connues depuis longtemps, cela reste et restera incompréhensible pour tout esprit un peu cultivé, ne vous en déplaise. Et si Kepler était là aujourd’hui, nul doute qu’il se serait lancé dans l’entreprise depuis longtemps…  s’il avait eu quelques financements.

Revenons à votre position de juge/"expert" en astro, qu'il faudrait d'abord justifier.

Quelle position de juge/expert ? Vous connaissez déjà les horreurs découlant de l’argument d’autorité (vous rappelez-vous aussi d’un petit employé des brevets à Berne vers 1902 ?)… C’est pourquoi j’apporte un profil original (années universitaires en mathématiques, physique, puis philosophie et histoire et philosophie des sciences), et absent du monde astrologique si je ne me trompe pas.

Pour juger, il faut "comprendre", au sens étymologique, c-à.d "embrasser" ce que l'on juge. Votre savoir astrologique suffisait-il pour jeter l'anathème contre des professionnels (dont moi) rompus aux arcanes/pièges/difficultés depuis trois décennies,

Pouvez-vous nous rappeler dans quelle partie de votre thèse, ou même lequel de vos livres est consacré justement aux pièges et autres limites de l’interprétation astrologique ? Si le hasard est présent dans la pratique de l’astrologie par le biais d’un système si complexe, alors que vous soyez rompue à l’usage de ce système n’empêche pas que vous soyez chaque jour une victime ignorante du hasard, c’est… tautologique. Votre enthousiasme pour l’euro 2008 aussi, semble montrer que des dizaines d’années d’expérience en la matière n’ont pas suffi pour éviter de tomber dans le piège grossier dont nous avons déjà parlé plus haut. La réserve s’imposait pour raisons à la fois techniques, symboliques et surtout déontologiques (nuisances des prédictions médiatiques ratées de la part d’un personnage déjà très controversé). Vous le voyez, votre qualité d’experte astrologue est presque discutable, et tant que vous ne distinguerez pas la question du savoir-faire astrologique de celle des prétentions possibles d’une science astrologique, alors vous ne comprendrez pas la nouveauté et la portée de mes critiques, ni certains contenus de la critique de l’AFIS. Au contraire de vous, je ne pense pas qu’il soit possible aujourd’hui d’embrasser l’astrologie dans sa totalité, je n’en ai pas la prétention, et je pense que vous n’y ayez pas réussi. Ne serait-ce que parce que votre pratique de l’astrologie n’a pas été désacralisée (tabou de l’autocritique), ou encore parce que la critique n’a pas été vraiment soupesée, les bonnes critiques ayant été rejetées avec les mauvaises. En cela je pense être plus humble que bien des astrologues, je ne suis plus victime non plus, de cette illusion qui consiste à croire qu’avec l’expérience on évite tous les pièges de la pratique de l’astrologie (voir ma distinction ici entre expérience et expérimentation). Mieux, je pense qu’il y a bien des pratiques à rejeter et que les meilleurs astrologues peuvent tomber dans les pièges les plus simples.

et qui ont à leur actif des CENTAINES DE PREVISIONS AVEREES, n'en déplaise à mes négateurs fanatiques?

Or, si vous n’avez aucune approche désacralisée de la pratique de l’astrologie, comment pouvez-vous espérer y « comprendre » quoi que ce soit ? Pratiquer n’est pas comprendre… La compréhension impose aussi la désacralisation, et vous n’y êtes pas encore. C’est pourquoi on ne pourra pas retenir vos chiffres de « prévisions avérées » tant que vous ne définirez pas précisément 1) « une prévision avérée » mais surtout 2) une prévision réussie mais irrecevable, puisque le critère d’évidence n’en est pas un. Vos chiffres resteront irrecevables aussi tant que vous ne resituerez pas les « centaines de prévisions avérées » des astrologues parmi les centaines de milliers qu’ils ont tentées. Comment vous l’expliquer autrement ????

Mon ami Raymond ABELLIO, ce grand esprit, philosophe (comme vous) et polytechnicien, avait coutume de traiter d'esprits faibles assujettis à une fausse logique ceux qui affirment qu'UNE PREVISION FAUSSE ANNULE UNE PREVISION AVEREE.. Argument que l'on m'oppose souvent- mais le QI des journalistes n'est pas forcément élevé...

En fait, il est vain (et dépassé) de discuter de ce genre de choses sans la notion de probabilité, car vous ne semblez pas mesurer que seules les prévisions risquées ont un intérêt à être discutées, ou alors les prévisions ratées alors que très probables (élections). De même qu’il est important de distinguer entre une prévision-prédiction et une interprétation astrologique portant simplement sur le futur. Ce sont là deux choses différentes, par leurs dignités mais aussi par la méthodologie que cela impose. Comme je l’ai écrit plus haut, AUCUN astrologue ne s’intéresse vraiment à la question de savoir s’il prend un risque comparable au pile ou face ou au tirage du loto, et je trouve cela inadmissible, car ne sachant pas s’il a vaincu avec ou sans péril, il ne peut savoir vraiment s’il peut triompher avec ou sans gloire… Personnellement je pense aussi que ne pas faire le point systématique sur ses échecs ou ne pas expliquer ce que l’on en a tiré, va aussi dans le mauvais sens. Vous voyez, toute votre expérience astrologique ne vous prépare pas à ce genre de conception pourtant naturelle aujourd’hui en ce début de 21ème siècle en dehors du monde astrologique. Les débats doivent être renouvelés, et certaines conceptions aussi, mais encore faut-il commencer par désacraliser la notion même de tradition astrologique.

Bref, vous vous posez en SALOMON DE L'ASTRO- N'EN ETES-VOUS PAS PLUTOT LE PONCE PILATE, celui qui la jette aux chiens fanatiques? 

Je le serais peut-être si je ne portais pas un regard critique aussi sur… la critique, et si je ne retenais rien de la pratique de l’astrologie, ce qui n’est pas le cas puisque je défends l’idée d’un savoir-faire astrologique quasi artisanal. Vous savez, vous aimez bien les étiquettes et les catégories (pas seulement astrologiques), personnellement je me considère plus comme un travailleur de la raison qui continue avec l’astrologie parce qu’il a le sentiment d’avoir mis le doigt sur quelques idées intéressantes mais qui autrement, travaillerait plutôt sur l’histoire de l’astronomie… C’est plus simple !

Bref, l'astro ne peut être jugée de l'extérieur, par des ignorants. Et on sait que le DEMI-SAVOIR est très dangereux... 

Oui, mais quand les astrologues refusent de juger objectivement l’astrologie de l’intérieur, il ne faut pas qu’ils s’étonnent que d’autres le fassent à leur place… Je pense aussi qu’un praticien professionnel de l’astrologie n’est pas pour autant capable de théoriser l’astrologie, preuve en est de la si grande diversité des courants astrologiques souvent incompatibles. Quant au demi-savoir, vous savez déjà quelle place il occupe dans une communauté astrologique dont la plupart des professionnels sont autodidactes…

Epistémologiquement, c'est le même non-sens/scandale quand des PRIX NOBEL DE PHYSIQUE/ASTROPHYSIQUE vont demander à Jack Lang d'intervenir auprès de la Sorbonne... en vain d'ailleurs! 

Mais il faut les comprendre, aussi ! Vue la piètre image de l’astrologie médiatique et l’absence totale de fondements physiques et d’autocritiques qui est son lot quotidien, comment voulez-vous qu’ils n’aient pas craint de voir les horoscopes de presse arriver à la Sorbonne alors que l’esprit critique y est le début (et non la fin) du jugement rationnel ??? Pour moi, ce sont moins des astrophysiciens que des citoyens qui ont tenté de faire pression sur le ministre de l’époque, et je comprends en partie leurs motivations. Je regarde donc la chose d’un point de vue plus politique, plus citoyen. Sur le contenu par contre oui, il y a des choses à dire sur le plan épistémologique, mais nous n’avons pas la même perception des choses. Mon discours consiste à dire que la critique est trop superficielle, ce en quoi elle est limitée, ce qui est un peu plus subtile…

Le même non sens- épistémologique quand des ZARKA ou des KUNTH, béotiens en astro, se mêlent de pondre un état des lieux (le QUE SAIS-JE) sur une discipline qui leur est étrangère et à laquelle ils sont a priori hostiles!!!!! Et en se fondant sur UNE SEULE CONSULTATION?! Ridicule, hénaurme, comme dirait UBU... Cela en dit long sur LA PENSEE UNIQUE ET LE CONSENSUS CULTUREL ANTI-ASTRO DE NOTRE EPOQUE!..

Alimenté qu’il est par l’omniprésence des horoscopes et des prédictions vagues… Je ne pense pas que Kunth et Collot se soient appuyés sur une seule consultation astrologique pour fonder leurs jugements, ils ont juste présenté la consultation à laquelle ils avaient participé en vue de l’écriture de ce livre3. Le Que sais-je ?4 de Kunth et Zarka n’est pas relatif ou consécutif à une consultation. Il n’empêche que leurs conclusions ne proviennent pas de cette seule consultation, mais aussi d’un grand nombre d’autres sources. A propos du Que sais-je ? des Zarka et Kunth, bien sûr que son titre aurait du être « l’astrologie et la science » et non « l’astrologie » et que leur présentation est limitée. Il reste que bien des critiques qu’ils formulent sont valables et que leur position a suscité aussi les critiques de l’AFIS, même si je ne les rejoins pas sur tout l’ouvrage : pourquoi simplifiez-vous toujours les résultats de la critique ???

Merci infiniment de me taxer implicitement de malhonnêteté intellectuelle (p.3: "Pourquoi l'AFIS ... puisqu'elle accuse E.T. de détourner... pquoi ne détrournerait-elle pas aussi les théories et pratiques astrol.?"). En réalité, je ne devrais pas même me donner la peine de vous fréquenter, même via internet, après une telle accusation- une insulte à mon éthique et à ma probité.

Comme je vous l’ai déjà écrit par mail, je n’ai fait là que prendre au mot la critique de l’AFIS et des universitaires qui vous accusent de détourner les idées et auteurs que vous citez, et ainsi leur faire mesurer le fait qu’en critiquant Elizabeth Teissier ils ne critiquent pas forcément l’astrologie. Quant à la pratique des horoscopes quotidiens ou hebdomadaires avec ou sans décans, oui je considère qu’il y a là un détournement de la pratique de l’astrologie tant sur les plans technique, spirituel, que déontologique. Ai-je le droit d’avoir cette opinion ? Je l’espère bien tout de même !? Et ce n’est pas parce que des milliards d’êtres humains lisent leur horoscope chaque jour que l’horoscope de presse, moins de cent ans après sa création, n’est pas un détournement. De même que la publicité n’est pas du cinéma l’horoscope de presse est-il vraiment de l’astrologie ? Je n’ai donc pas écrit que vous étiez malhonnête ou en manque de sincérité, mais que vous ne vous rendez pas compte du mal que vous faites involontairement à l’astrologie par le biais des horoscopes et de ces prévisions-prédictions que vous continuez de faire sans le filet des probabilités. En somme, oui, je pense que l’astrologie « traditionnelle » est bien souvent naïve, c’est différent.

Très sympathique...Franchement, je n'aurais pas cru que vous puissiez ainsi me poignarder dans le dos. Comme lorsque (p2, "Sur la portée de la critique"), vous soulignez ABUSIVEMNT mon isolement dans la communauté astrologique - dont j'ai passablement souffert en France, il est vrai, mais peu importe...mais qui n'existe pas aux USA, en Allemagne ou en Angleterre, où je suis régulièrement invitée dans les CONGRES-:"E.T. ne reçoit aucun soutien de la communauté astrologique". Cherchez les raisons! Hélas, pas très reluisantes et peu flatteuses pour la nature humaine- envie, jalousie, ambitions frustrées... Quoi qu'il en soit, ce genre d'affirmations n'est pas digne de vous... même si votre objectif final- sous couvert de critique objective de l'astro- est de HURLER AVEC LES LOUPS! Par ailleurs, sur mon site, je m'octroie le droit de m'exprimer pas surlement en tant qu'astrologue mais aussi en tant que femme ou/et citoyenne. Est-ce là un péché?

Non justement, et c’est bien ce que j’ai exprimé aussi dans mon texte : votre point de vue était moins astrologique que personnel, ce que n’a pas mesuré l’AFIS, pourquoi me posez-vous donc la question !? En ce qui concerne le coup de poignard dans le dos je ne comprends pas non plus, ayant déjà signalé à votre bureau mes textes critiques ou l’existence de mon site, et donc vous ayant déjà fait parvenir mes critiques des horoscopes en 2003.

Ensuite, cela ne peut pas vous arriver, mais quand cela fait des centaines de fois que dans une conversation on vous oppose les dires et les pratiques d’Elizabeth Teissier alors que vous les rejetez, il faut que vous compreniez un certain ras-le-bol qui n’est pas que de mon fait. Tiens d’ailleurs, pas plus tard qu’il y a une semaine, j’étais reçu par un chercheur, administrateur même du CNRS, qui me disait que le sujet de l’astrologie peut être passionnant mais que votre thèse a fait beaucoup de mal. Et dire qu’en France il y a des jalousies mais pas ailleurs, sincèrement… je crois qu’il faudrait commencer à vous demander s’il n’y a pas d’autres raisons pour cette absence de soutien à la plus médiatique des astrologues. Des raisons de fond. Il me semble voir aussi dans ce genre « d’explications » des prétextes pour ne pas poser des questions plus gênantes…

- Dans "Une diabolisation opportune", vous regrettez que "ds le sommaire de la dernière page, ..."on assimile la pratique des astrologues à du charlatanisme". Faut-il incriminer votre naïveté? Cela devrait vous ouvrir les yeux sur la parti-pris fanatique et anti-scientifique de ces esprits forts. En êtes-vous dupe ?? Croyez-vous que l'on puisse dès lors dialoguer avec ce genre de personnes? Deux univers, la Tour de Babel...

Mon texte se destine aussi aux lecteurs des textes de l’AFIS qui, méconnaissant totalement le sujet de l’astrologie au-delà de la question des horoscopes, pourraient être intéressés par cet avis divergent. Car les journalistes, universitaires et autres acteurs des médias sont aussi victimes du prisme médiatique que composent les astrologues rédacteurs d’horoscopes et les sceptiques qui s’affrontent un peu toujours de la même façon… Je vous renvoie plus haut au passage rappelant l’état de délabrement de l’astrologie médiatique mais en y ajoutant l’aspect hermétique de la pratique : faut-il s’étonner qu’on la juge sur ce qu’elle montre dans les médias et non sur ce qu’elle peut proposer de plus personnel ? Etes-vous vous-même naïve ??? Croyez-vous sérieusement que tout un chacun peut accéder aux subtilités de la pratique astrologique en lisant son horoscope ??? Et que chacun ait le temps et les motivations pour s’initier à la pratique de l’astrologie ? Croyez-vous aussi que l’on puisse comprendre le silence de la communauté astrologique vis-à-vis de ces horoscopes de presse bidons tant dans leurs fondements que dans leurs présentations ??? Ou dans les prévisions de fin d’année toutes plus people ou vagues les unes que les autres ??? Dès lors que l’on connaît la complexité et la rigueur des systèmes de pensée actuels, c’est personnellement le contraire qui serait étonnant : que l’on s’intéresse naturellement à l’astrologie alors qu’elle présente dans les médias tous les traits d’une discipline dépassée et absolument futile dans ses applications les plus en vue.

- Vs avez tout faux aussi qd vous écrivez que "tout astrologue médiatique se bat d'abord pour lui-même". A ce propos, je ne puis m'empêcher de penser à la loi hermétique des similitudes... L'autre comme miroir de soi? Mes motivations, sachez-le, cher Serge, ont TOUJOURS ETE DESINTERESSEES- communiquer ma découverte à mes contemporains- je ne suis pas Mercurienne pour rien. Comme vous?.. 

Non, à aucun moment je n'ai écrit, pensé ou même suggéré que votre approche de l'astrologie était intéressée, c'est bien là l'une de mes grandes différences avec l'AFIS ! Si vous relisez le passage que vous avez cité, vous verrez que je ne fais que confronter l'AFIS à sa propre logique, il n'est aucunement question de nier votre sincérité. Non, mes désaccords portent sur les idées et certains usages que vous faites de l'astrologie, mais svp, ne faites pas de moi un rationaliste militant. Je ne pense tout simplement pas que l'on puisse réduire l'astrologie à ce qu'en font les astrologues (ce pourquoi ce qu'ils en font n'est pas forcément défendable), ni non plus à ce qu'ils en pensent ou encore à ce qu'en dit la critique sceptique. Je pense aussi que l’astrologie manque de raison… Je sais bien que vous pensez défendre l’astrologie, mais cette bonne intention n’est en rien suffisante. Et au jeu des citations vous savez d’ailleurs bien que l’enfer est pavé de bonnes intentions. Personnellement j’en suis très conscient, de même que de l’enfer médiatique créé par les bonnes intentions naïves des rédacteurs d’horoscopes et le manque d’humilité associé. Comprenez bien, chère Elizabeth, que quand j’écris que vos pratiques horoscopiques sont irrecevables et donc indéfendables sur bien des plans, je ne prétends pas que vous en soyez pleinement consciente, ce serait là sinon, une accusation de charlatanisme…

- En revanche, frappée au coin du bon sens, votre observation quant au silence qui a entouré la soutenance puis publication de ma thèse: UNE VRAIE OMERTA! SILENCE RADIO! Aucune émission littéraire/culturelle ne m'a invitée!! Juste ARDISSON et FOGIEL.. Vous imaginez mon amertume, moi qui voulais redonner à l'astro ses lettres de noblesse (cinq ans de travail)...

J’ai effectivement assisté à cela devant mon poste de télévision… mais pourquoi mon bon sens ne s’exprimerait-il qu’à cette occasion ?

Last but not least, je déplore VRAIMENT  que vous mettiez votre énergie et votre intelligence au service de détracteurs aussi virulents que non-scientifiques dans leurs approches.

Dommage.    

Astralement vôtre,

Elizabeth Teissier

Je comprends en partie votre amertume, mais c’est là l’un des versants de mon travail novateur, traiter la critique de front. L’un des versants seulement d’un projet intellectuel tellement plus vaste… mais que le silence des uns et des autres, de même que l’absence de soutien financier pour ce travail théorique, empêchent d’avancer plus vite et donc, de paraître si limité à la critique pure et dure… cessez d’être victime des apparences svp.

PS: Je vous donne carte blanche pour l'utilisation de mon mail- je souhaiterais en fait qu'il apparaisse sur votre FORUM (in extenso, svp!)- si vous en offrez un. Mais aurez-vous l'esprit fair play nécessaire? 

Je songe à mettre de mon côté votre texte sur mon site- avec mes réactions. Je verrai. 

Astrologue, journaliste, docteur en Sociologie

J’ai donc mis en ligne votre mail en intégralité pour le discuter le plus sobrement possible. Comme je l’ai écrit en haut de page, je vous autorise à reproduire quelques passages de mon site aux seules conditions que vous mentionniez explicitement et de façon visible, et leur auteur, et les liens permettant de retrouver facilement ces textes.

En espérant que les affects présents dans votre mail précédent, et que je comprends en partie, se seront quelque peu estompés malgré mes arguments ? Cela doit être mon côté… saturnien qui parle.

 

Serge BRET-MOREL
les 1er et 2 mars 2010
 

1. p239 à 241, L’homme d’aujourd’hui et les astres, fascination et rejet, Plon, édition de la fameuse thèse.

2. Douze leçons d’Histoire, Antoine Prost, p116, leçon 5, Seuil, 1996

3. Peut-on penser l’astrologie : science ou voyance ? Kunth et Collot, Editions Le Pommier, 2000.

4. Que sais-je ? L’astrologie, Kunth et Zarka, PUF, 2005