Serge BRET-MOREL

L’ASTROLOGIE face à ELLE-MEME

BILAN CRITIQUE de l'ASTROLOGIE

PROLOGUE à une RENOVATION de la CRITIQUE

 

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Surprises et questionnements astronomiques

(1)

 

Connaissez-vous « Tous sur orbite » ? Ce programme TV intelligent fut créé à la veille de l’an 2000 et a comme vocation de nous emmener en vidéo à la découverte du système solaire, et même de l’univers… En 4 parties (une par saison) pour 52 épisodes (un par semaine de l’année), nous verrons littéralement la Terre parcourir son chemin autour du soleil et pourrons répondre à des centaines de questions sur l’astronomie, les saisons, les marées, la durée du jour, etc. L’intérêt de ce programme est d’être accessible à tous de par la clarté des explications mais surtout, sa présentation entièrement animée. Pas de schémas compliqués, seulement des animations très parlantes parce que très claires.

Passionné d’astronomie, je n’avais jamais pris le temps de visionner entièrement ce programme. Ayant commencé l’autre jour, j’ai eu quelques belles surprises pendant la diffusion de la première saison (l’hiver) que je souhaitais partager (les semaines sont indiquées pour ceux qui voudraient aller voir par eux-mêmes).

 

Semaine 3.

Nous nous déplaçons constamment autour du Soleil, d’où la question que l’on peut se poser chaque jour ou chaque soir : en ce moment, dans quelle direction allons-nous dans l’espace ??? Or l’émission nous explique qu’en pleine nuit, à une certaine période du mois, on peut « voir » cette direction directement dans le ciel, en avoir l’intuition. En effet, puisque nous tournons autour du Soleil, nous allons toujours dans une direction perpendiculaire (ou à peu près) à celle où l’on voit le Soleil. Or, aux premier et dernier quartiers, la Lune se trouve justement dans cette direction ! En effet, si vous regardez la demi-lune du soir du premier quartier (quand il y a un angle de 90° entre les trois astres), vous voyez la Lune exactement à l’endroit où nous étions… il y a 4h ! A ce moment-là, nous laissons donc « derrière nous » les étoiles de la constellation devant laquelle se trouve la Lune (ce qui ne marche pas avec les signes astrologiques, attention à la confusion).

 

 

Au dernier quartier bien sûr, c’est donc tout le contraire : nous fonçons en direction de la Lune et nous serons à sa place dans 4h ! Pourquoi n’y a-t-il jamais collision ? Parce que, mise à part sa révolution autour de la Terre), la Lune avance avec nous dans le système Terre-Lune autour du Soleil en une même vitesse.

 

Semaine 4.

Peut-être avez-vous remarqué aussi (dans l’hémisphère nord) que pendant certaines nuits d’hiver la pleine lune est extrêmement haute dans le ciel, quasiment au zénith alors que le Soleil est lui, très bas sur l’horizon ? L’explication est toute simple et dépend de l’inclinaison de l’équateur de la Terre.

 

 

Quand le jour le Soleil est pour nous, bas sur l’horizon (petit rectangle bleu), la lune lui fait face…

 

 

et la nuit suivante nous la voyons haute sur l’horizon (petit rectangle bleu toujours). Tout simplement. Remarque : la bande bleue est celle du Zodiaque, notre champ de vision nocturne est bien plus large..

 

Semaine 6.

Si les attractions de la Lune et du Soleil sont les causes principales des marées, pourquoi y a-t-il toujours 2 marées par jour, même quand les deux astres sont proches dans le ciel ? En fait, si l’une des marées est bien causée par la position de la Lune autour de la Terre (les marées hautes « suivent la Lune » tout au long du globe), il y a toujours une autre marée sur Terre à l’opposé de la Lune, laquelle ne provient pas de l’attraction lunaire.

 

 

La raison en est la suivante : la Lune ne tourne pas en fait, autour du centre de la Terre. La Lune et la Terre composent un système qui tourne autour de son centre de gravité (le point rouge sur l’image). Comme ce centre de gravité se trouve à l’intérieur de la Terre, la Lune tourne bien « autour de la Terre », mais la Terre tourne aussi autour du centre de gravité de ce système, et pas seulement autour de son propre centre. Il en résulte que comme sur un manège, la Terre et ses océans sont soumis en permanence à des forces centrifuges vers l’extérieur de cette rotation. D’où le deuxième bourrelet de marée sur le schéma, toujours à l’opposé de la Lune et qui se produit donc une demi-journée avant ou après la marée lunaire.

 

Semaine 9.

Pourquoi la Pâques Grecque et le Noël Russe tombent-ils 13 jours après les nôtres ? Pour les même raisons… astronomiques que celles qui nous obligent à avoir des années bissextiles.

En effet, pour cause de précession des équinoxes (la Terre tourne sur elle-même en un autre cycle de 26.000 ans), ce qui a comme effet de décaler lentement notre calendrier et les saisons. La Terre mettant un peu plus de 365 jours pour faire un tour autour du Soleil (365,25 = 365 jours + un quart de jour), elle n’a pas le temps de terminer sa boucle en une année de 365 jours. D’où l’ajout d’un jour tous les 4 ans pour combler ce retard.

 

 

Mais cela ne suffit pas, car la Terre met en fait un peu moins de 365 jours un quart pour faire le tour du Soleil, elle met plus exactement ~365,24 jours. On ajoute donc à chaque année bissextile… quelques minutes en trop. Cela pourrait sembler négligeable, mais à l’échelle des millénaire le pape Grégoire XIII a été obligé de décider en 1582 de rattraper les déjà… 10 jours de décalage dus au calendrier julien (instauré par Jules César un peu plus de 1.500 ans plus tôt). Le lendemain du 4 octobre 1582 a donc été le… 15 octobre (avec tous les mécontentements bien réels qui découlèrent par exemple du paiement de salaires et de loyers d’un mois plus court). Or, l’Eglise Orthodoxe a décidé de continuer de fixer ses fêtes d’après l’ancien calendrier julien, d’où l’explication de ce décalage. Enfin… presque ! Car nous avons parlé de 13 jours de décalage et non 10... En fait, puisque le calendrier julien était déjà décalé de 10 jours en 1582, il a continué de le faire (3 jours de plus depuis), ce pourquoi il y a aujourd’hui 10 + 3 = 13 jours d’écart entre, par exemple, notre 25 décembre et le Noël Russe (le 7 janvier).

 

Semaine 9.

Pourquoi lors des années bissextiles, ajoute-t-on un jour le 29 février et pas un autre jour dans l’année ? Parce que dans la Rome antique, quand fut instauré par Jules César le calendrier julien (dans lequel il y a donc des années bissextiles), l’année commençait le 1er mars. Il était donc logique d’ajoute ce jour « en fin d’année », soit la veille du 1er mars.

 

Semaine 11.

Comment se rendre compte du mouvement de la Lune autour de la Terre dans une même soirée et non d’un jour à l’autre ? La Lune se déplace en effet de nuit en nuit par rapport aux planètes ou étoiles, ou revient au même point du ciel de l’observateur avec 50 minutes de retard par rapport à la veille. Ceci est réalisable lors de l’occultation d’une étoile ou d’une planète par la Lune (qui, plus proche de nous, passe devant elles). En effet, lorsque par exemple la Lune est croissante, on comprendra qu’elle est « précédée » dans son mouvement par la partie sombre de son disque. Il y a donc un moment où cette partie sombre va commencer à recouvrir la planète ou l’étoile qui va être occultée : en étant attentif on voit littéralement disparaître l’astre lointain puisque c’est la partie sombre de la lune qui le recouvre…

 

 

 

Mais mieux, au bout d’une heure et 20 minutes environ, l’étoile réapparaît de l’autre côté de la Lune ! On aura donc eu l’occasion d’une véritable perception du mouvement lunaire autour de la Terre…

 

Semaine 11.

Ce mouvement est perceptible aussi lors d’éclipses lunaires. En effet, de telles éclipses se produisent lorsque par rapport au Soleil la Lune passe « derrière » la Terre, c'est-à-dire dans son cône d’ombre (permanent). On voit alors l’ombre de la terre se projeter sur la Lune.

A ce propos, pourquoi une éclipse lunaire a-t-elle lieu 2 semaines avant ou 2 semaines après une éclipse de Soleil (comme celle que l’on a pu observer en 1999 dans le nord de la France) ? C’est parce que dans les 2 cas (éclipses solaire et lunaire) il faut que la Lune soit aux abords de ce que l’on appelle les nœuds de son orbite. Ce sont les points d’intersection du plan de son orbite avec celui de l’orbite terrestre autour du Soleil. Or, comme cela est nécessaire pour une éclipse solaire totale, 2 semaines avant et 2 semaines après la Lune est encore proche de ces nœuds et peut traverser l’ombre de la Terre. Cette ombre étant bien plus large que le diamètre de la Lune, il y a alors un peu de marge.

 

Semaine 1.

J’ai choisi de terminer par la première semaine parce qu’il y a là une explication un peu plus technique à la dernière question : puisque le Soleil rayonne de la même façon tout au long de l’année, pourquoi le rayonnement solaire nous réchauffe-t-il moins en hiver qu’en été ?

Rappelons d’abord que puisque dans l’hémisphère sud et dans l’hémisphère nord les étés ont lieu à 6 mois d’intervalle, on en déduit facilement que la distance Terre-Soleil n’en est pas la raison première (sinon les saisons se produiraient au même moment sur la plupart des points du globe). Tout dépend en fait de la quantité d’énergie reçue du Soleil par le lieu d’observation. La Terre étant donc inclinée par rapport au plan dans lequel elle tourne autour du Soleil (l’écliptique), une même portion du globe ne reçoit pas de la même façon, pendant toute l’année, le rayonnement solaire. On voit ci-dessous comment les rayons du Soleil arrivent sur la Terre lorsque nous sommes en hiver dans l’hémisphère nord.

 

 

Puisque le Soleil ne rayonne pas plus ou moins dans l’année, on voit sur la gauche de l’image ci-dessus que des « quantités égales de rayonnement solaire » qui nous arrivent frappent pourtant la Terre de différentes façons. Pourquoi alors recevons-nous « moins » d’énergie du soleil à ce moment-là ? Tout simplement parce que l’énergie reçue d’un même flux de rayonnement va se répartir sur des surfaces terrestres plus ou moins grandes d’une saison à l’autre, comme montré ci-dessous.

 

 

Entre ces deux zones éclairées on peut voir qu’un même rayonnement solaire doit se répartir, donc réchauffer des surfaces de grandeurs différentes (à cause de l’inclinaison due à la rotondité de la Terre).

 

 

Bien que l’on compare ici des zones différentes de la Terre, le principe est le même pour une seule zone : en hiver une même quantité de rayonnement se répartit tout simplement sur une plus grande surface, d’où un réchauffement moindre, d’où des températures plus basses. On négligera les autres facteurs, ceux-ci intervenant bien moins.

 

Fin de la première partie, nous continuerons peut-être avec les prochains épisodes de l’émission Tous sur orbite, à conseiller encore et encore à tous ceux qui souhaitent s’initier à l’astronomie et ses questionnements tant scientifiques que tout simplement humains, mais aussi à ceux qui veulent perfectionner leur représentation des choses…

 

Serge BRET-MOREL

mise en ligne le 19 avril 2010