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L’ASTROLOGIE face à ELLE-MEME PROLOGUE à une RENOVATION de la CRITIQUE de l’ASTROLOGIE
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(1999-2009) TERRIBLE CHANGEMENT DE MILLENAIRE POUR L’ASTROLOGIE FRANCAISE
Au tournant du millénaire, l’image de l’astrologie s’est détériorée un peu plus encore en France sous l’effet d’événements de différentes natures mettant à mal tantôt sa dimension prévisionnelle autoproclamée, tantôt la qualité de son discours, tantôt la question de certains de ses fondements bien installés. Sur le plan de la communication aussi, l’astrologie a peut-être subi un certain contrecoup à la suite d’un changement de stratégie du monde sceptique. En France tout au moins.
Suite à des années 80 et 90 ayant fait la part belle aux débats animés portant sur l’astrologie, le paranormal et les pseudosciences en général, les années 2000 ont fait place à un certain silence sur le sujet. On s’est rendu compte par exemple, que donner la parole aux astrologues en public revenait peut-être plus à faire de la publicité à l’astrologie qu’à en montrer les limites. Ainsi voit-on par exemple en 1998 deux astronomes donner quelques conseils pour ne pas aborder n’importe comment ces débats publiques (Partie 7). En effet, le grand-public n’étant pas familier de la démarche scientifique, même quand il se trompe l’astrologue peut donner le sentiment de faire preuve de plus de bon sens que le scientifique (argument des marées et de l’influence lunaire, de l’effet papillon, etc)… Mais la Science est en général ennemie du sens commun, on l’oublie trop souvent, et le scientifique peut même donner malgré lui une image « aride » de la Science. Ces débats publiques ont fleuri dans le cadre des notoriétés montantes de l’astrologue Elizabeth Teissier et de quelques groupes de sceptiques militants prenant la suite de mouvements purement rationalistes plus anciens. En effet, des émissions télévisées visaient régulièrement à proposer des échanges plus spectaculaires dans la forme que dans le fond… L’incapacité permanente de la critique à toucher la communauté astrologique a d’ailleurs amené la communauté sceptique à s’interroger de nouveau sur la place de la Science dans la société : si la critique pourtant « évidente » ne passe pas, n’est-ce pas d’abord parce que la culture scientifique n’est pas assez répandue ? La question de objectifs de la vulgarisation scientifique n’est évidemment pas nouvelle, mais la question des pseudo-sciences a peut-être permis de relancer les débats. L’astrologie reste toutefois une discipline vivante même si d’après un sondage de 2003 (p11 et 17) son image s’est fortement détériorée au moins un temps, pour le plus grand plaisir bien sûr, de quelques sceptiques militants. En même temps, peut-on le leur reprocher au regard de toutes les bêtises astrologiques que colportent les médias ? C’est pourquoi on peut supposer qu’à la suite du travail de terrain de la critique, la proximité temporelle des prédictions ratées dans l’attente de l’éclipse de soleil de 1999, ainsi que les (totalement) imprévus attentats du 11 septembre 2001 puis tsunami asiatique de Noël 2004 (300.000 morts quand-même…) a été ravivé à juste titre un sentiment très négatif. Celui selon lequel, si l’astrologie ne peut anticiper des événements aux conséquences si importantes, on ne voit pas comment elle pourrait le faire d’autres plus communs... et pire, conserver intactes ses prétentions mondiales ou… universelles ! Celui aussi selon lequel si les praticiens les plus médiatiques de l’astrologie défendent si mal leur discipline, comment imaginer qu’elle puisse être autre chose qu’une superstition simpliste et stéréotypée ?
Serge Bret-Morel |