Serge BRET-MOREL

L’ASTROLOGIE face à ELLE-MEME

PROLOGUE à une RENOVATION de la CRITIQUE de l’ASTROLOGIE

 

Historia

 

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(1999-2009)

TERRIBLE CHANGEMENT DE MILLENAIRE

POUR L’ASTROLOGIE FRANCAISE

 

1ère partie 1999 l’éclipse totale de soleil sur le nord de la France
2ème partie 2001 la soutenance de thèse de sociologie de l’astrologue Elizabeth Teissier
  2001 les attentats imprévus du 11 septembre
3ème partie 2004 l’imprévu tsunami de Noël
  2005 la réédition du fameux Que sais-je ? L’Astrologie
4ème partie 2006 le déclassement de Pluton
  2008 Malgré son élimination, l’équipe de France devait gagner l’Euro de football…
5ème partie 2007-2009 La FDAF (Fédération Des Astrologues Francophones) demande la mise au second plan de la prévision astrologique
6ème partie   Conclusions

 

1ère Partie

 

2001 : la thèse de sociologie d’Elizabeth Teissier

 

Deux ans plus tard, en avril 2001, l’astrologue Elizabeth Teissier soutient sa thèse de sociologie si controversée sur le thème de la Situation épistémologique de l'astrologie à travers l'ambivalence fascination/rejet dans les sociétés postmodernes. S’ensuivent alors de nombreuses protestations relayées par la presse, des pétitions signées par des universitaires, et une longue et terrible analyse détaillée de la thèse publiée sur internet (on trouvera de nombreuses références dans notre catégorie Bibliotheca). Ce fut l’occasion d’une critique dure mais en général justifiée des limites du contenu de la thèse tant sur les plans scientifique que philosophique ou sociologique. L’astrologie en prit pour son grade sur les plans de l’argumentation, de la méthodologie, des conclusions et fondements traditionnels, et encore une fois ce fut fait sur la place publique. Mais il faut remarquer aussi la tempête dans un verre d’eau : 8 ans après, l’astrologie n’a toujours pas envahi l’Université contrairement à ce qu’annonçaient quelques mauvais augures demandant pour cette raison que ne soit pas délivrée la thèse… Mieux, les égarements de cette thèse ont véritablement nourri la pensée de l’auteur de ce site consacré à la critique de l’astrologie et à l’époque encore ouvertement astrophile !

On n’entendit d’ailleurs pas le monde astrologique proposer sa propre critique de la thèse, bien que beaucoup d’astrologues n’aient pas non plus rejoint Elizabeth Teissier sur bien des conclusions. A peine a-t-on pu trouver un article de l’astrologue Fanchon Pradalier-Roy sur Marianne 2.

Encore une fois, les médias relayèrent abondamment l’affaire, se délectant toujours plus des aventures de l’astrologue Elizabeth Teissier et des faiblesses de l’astrologie sur le plan théorique, d’où un nouveau coup à son image, notamment chez des universitaires qui ne s’y étaient pas encore vraiment intéressé mais voyaient tout à coup l’Université « menacée par l’obscurantisme » selon l’état d’esprit général.

 

2001 : les attentats imprévus du 11 septembre

 

Mais ne voilà-t-il pas que quelques mois seulement à peine après la soutenance, surviennent les attentats du 11 septembre ? Cette fois l’astrologie n’avait pas mal prévu comme aux temps de l’éclipse de 1999, elle n’avait rien prévu du tout de plus extraordinaire que d’habitude… autant surprise que le reste du monde par le terrible événement ! On comprendra que le jugement est encore plus terrible alors, quand le monde astrologique montre qu’il ne peut prévoir l’ampleur d’une mauvaise configuration quand mauvaise configuration il y a. On put en effet reprocher encore à Elizabeth Teissier (décidément…) d’avoir effectivement prévu une mauvaise période à ce moment-là certes, mais… sans effet pour des Etats-Unis qui débutaient une phase d’expansion en septembre 2001 pour près d’un an. De plus, le 11 septembre 2001 était même qualifié de jour favorable pour les transports… rappelant encore l’aspect superstitieux de la divination par les périodes favorables et défavorables à la mode antique. Comme si les bons et mauvais jours pouvaient être décrétés par des divinités indifférentes à l’Humanité au point de fixer des périodes a priori, donc sans tenir compte des activités multiples et contradictoires des mortels ! Après coup comme toujours, il fut possible de trouver des correspondances « très précises » pour colorer astrologiquement le terrible événement, mais nous avons déjà parlé de cette disproportion d’efficacité entre les interprétations astrologiques a priori et a posteriori à propos de l’éclipse de 1999 ainsi que dans notre article Faut-il rénover la critique de l’astrologie ? (Simplicité ou complexité ?). Nous développerons encore plus abondamment cette question dans la catégorie Astrologica en montrant en quoi la complexité du système astrologique permet d’apprivoiser le hasard et peut tromper son utilisateur astrologue dans sa pratique quotidienne…

Observation N°2 : l’astrologue prévisionniste « prévoit » des périodes, mais elles sont si nombreuses et finalement si abstraites qu’en général

1)      Il ne peut dire lui-même quand il se produira quelque chose plutôt que non…

2)      Il s’autorise des prédictions contradictoires parce que les mouvements apparents des astres sont indépendants et recouvrent des échelles de temps différentes : elles ne sont donc pas contradictoires par nature mais seulement parce qu’elles s’entrecroisent en se contredisant sur la forme. C’est aussi l’une des limites du bons sens : si une période négative de 3 mois est annoncée, cela ne signifie pas que les 90 jours de la périodes seront noirs. On en abuse donc en se permettant des prédictions indépendantes seulement parce que les cycles le sont eux-mêmes… Ainsi de petites périodes positives peuvent-elles agrémenter une longue période négative et vice versa. Mais ici, lorsque le bon sens devrait conclure à des périodes sur lesquelles on ne peut plus rien prévoir puisque quoi qu’il arrive on pourra renvoyer à une configuration astrologique, la tradition se permet de prévoir tout et son contraire et pire, d’en retirer un sentiment de satisfaction quand un événement tombe à ce moment-là !

3)      Quand il se produit quelque chose correspondant au climat astrologique annoncé il est bien rare que l’astrologue ait donné l’ampleur de l’événement : tantôt il faut aller chercher une événement mineur ou différent de celui annoncé pour sauver une prédiction d’envergure, tantôt il faut aller chercher une petite prédiction qui ne payait pas de mine pour justifier a priori un terrible événement qui a surpris tout le monde. Nous voyons là le summum du ridicule.

Nous avons déjà remarqué cela d’ailleurs, à propos de plusieurs moments clés de la crise boursière commencée en 2008.

 

3e Partie

 

Serge Bret-Morel
le 2 juin 2009